Afrique subsaharienne : pour une relation gagnant-gagnant avec l’Afrique du Nord et l’Europe

europe-afriqueEn pleine mutation économique, l’Afrique subsaharienne rencontre des défis à court terme parmi lesquels l’amélioration de ses infrastructures et de ses capacités d’accès aux financements. Pour réaliser cette conversion vers une croissance stable et durable, elle pourrait s’appuyer davantage sur une coopération régionale avec les pays d’Afrique du Nord et l’Europe, apporteurs de fonds et de connaissances. Ces derniers ont également tout intérêt à développer des liens économiques forts avec une région jeune et dynamique.

Depuis une vingtaine d’années, un certain nombre de pays d’Afrique subsaharienne connaissent une croissance économique inédite. Selon les dernières estimations des organismes internationaux, le continent devrait même atteindre une croissance de 4,8 % de son PIB en 2013 et 5,3 % en 2014. L’Afrique subsaharienne – et même le continent dans son ensemble – évolue vers un nouveau paradigme économique davantage axé sur des secteurs à plus forte productivité.

C’est ce que les économistes qualifient de « transformation structurelle », concept qui désigne l’urbanisation et la transition démographique d’un pays qui accompagnent sa croissance économique. Sur le continent africain, cette transformation s’apprécie au cas par cas, chaque pays ayant des caractéristiques qui lui sont propres. En effet, elle est plus rapide quand les États appartiennent à une catégorie plus favorisée, épargnée par les conflits et riche en ressources naturelles.

Une mutation économique ralentie 

Principal employeur dans de nombreux pays de la région subsaharienne, ce sont les ressources naturelles, sous forme d’énergie, de minerais ou d’agriculture, qui offrent les meilleures opportunités de développement. Le secteur agricole contribue en moyenne à plus de la moitié de l’emploi total et à un cinquième du PIB, selon une étude du FMI sur les perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne (2012). Les gains de productivité dans l’agriculture sont une condition sine qua non de la « transformation structurelle » en Afrique subsaharienne. En libérant la productivité agricole, les États rendent disponible une main d’œuvre qui peut alors s’orienter vers les activités plus productives d’autres secteurs, à l’instar de ce qui s’est passé en Asie.

Selon une récente étude de l’OCDE en mai dernier, l’Afrique est bel et bien en train d’engager une transformation structurelle, mais elle est fort lente. En dépit de la croissance économique qui caractérise certains pays de la région, certains facteurs retardent la mutation ainsi engagée : insuffisances des infrastructures de transport, coupures de courant, corruption étendue sont autant d’obstacles au redéploiement des ressources des secteurs primaires vers les services ou les activités manufacturières.

La solution d’une synergie régionale bénéfique à toutes les parties

La région a besoin d’un petit coup de pouce. Outre des politiques de soutien adaptées et la mise en place d’un climat d’affaires adéquat, elle a également besoin de transferts d’argent et surtout de connaissances extérieures susceptibles d’accélérer sa mutation économique. À ce titre, organiser la rencontre effective entre les investissements étrangers, les cadres formés et les acteurs locaux est primordiale. Les voisins continentaux, à savoir les pays d’Afrique du Nord, mais aussi l’Europe, ont tout intérêt à développer des liens économiques forts avec les pays d’Afrique subsaharienne.

Les organismes internationaux, en s’emparant de la question et de ces enjeux à l’occasion d’événements médiatisés réunissant de nombreux acteurs du changement, ont un vrai rôle de mobilisation à jouer et peuvent motiver les investisseurs et les décideurs politiques. Directement concernée, car fédérant 43 pays répartis sur les côtes nord et sud de la mer Méditerranée dans une optique de coopération régionale, l’Union pour la Méditerranée (UPM) en fait justement l’objet d’une de ses conférences.

Intitulée « Le renforcement de la coopération économique entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique subsaharienne », elle aura lieu le 23 octobre à l’occasion du forum économique que l’UPM organise à Barcelone. Communément appelé le 5+5, cet événement regroupe l’Algérie, la France, l’Italie, la Libye, Malte, la Mauritanie, le Maroc, le Portugal, l’Espagne et la Tunisie. Il se donne pour objectifs d’impulser un échange économique et politique régional et d’encourager une meilleure mobilisation des ressources dans une logique de développement et d’intégration.

Les intervenants de ce forum ont tous les atouts nécessaires pour attirer l’attention des parties prenantes économiques et financières. La région subsaharienne y trouverait alors les moyens de concrétiser ses projets de développement tandis que les investisseurs du nord trouveraient là de formidables opportunités d’affaires dans des secteurs prometteurs tels que les services, le tourisme et les industries et dans une région jeune et créative. C’est dans cette optique de relation gagnant-gagnant que l’UPM impulse ce dialogue régional.

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