Economie locale : la Vendée au cœur des préoccupations nationales

vendéeCes derniers jours, comme sûrement dans les prochaines semaines aussi, la Vendée fait la une de l’actualité. Préoccupation actuelle et très médiatique de Bercy,  la reprise des usines FagorBrandt par le groupe algérien Cevital devrait laisser sur le carreau les sites vendéens. 200 emplois sont concernés. Si les élus locaux s’en indignent, d’autres projets, notamment le second appel d’offres visant à lancer un chantier éolien pourrait permettre de redynamiser un département qui veut retrouver le chemin de la croissance et du plein emploi. 

Les sites vendéens « sont pour l’instant laissés sur le bord de la route, nous ne pouvons pas l’accepter », dénonçaient dans un communiqué le président du Conseil général de Vendée Bruno Retailleau (UMP), le député André Leboeuf (UMP) et le maire d’Aizenay Bernard Perrin (UMP), avant d’être reçus par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. Sur les 1800 salariés de FagorBrandt en France, Cevital à l’intention d’en reprendre 1200. Les sites élus sont ceux d’Orléans (Loiret) et de Vendôme (Loir-et-Cher), le siège de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et les services après-vente situés dans le Val-d’Oise. Ceux de La Roche-sur-Yon et Aizenay ne font pas partie du lot.

C’est un dossier que les Vendéens vont suivre de près, en plus des autres préoccupations économiques et écologiques héritées de 2013. Le marché de l’emploi y est dégradé comme partout en France, mais le littoral est particulièrement touché par le chômage avec des taux inquiétants pour Les Sables-d’Olonne (12,5 %), Challans (11,3 %) et Fontenay-le-Comte (10,9 %).

Lors de la présentation de ses vœux au Vendéspace le 10 janvier, Bruno Retailleau est revenu sur les champs de bataille 2013 pour lesquels il fallait encore agir en 2014. Parmi eux, un plan pour un nouvel urbanisme afin de renforcer le bien vivre ensemble et le lien social ; le déblocage des travaux sur les digues de protection, devenus pressants à la suite de la tempête Xynthia, et ce dans le respect de l’environnement ; un plan de soutien aux entreprises pour soutenir l’innovation et favoriser l’emploi.

Mais la prospective concernait également le lancement d’autres chantiers, à commencer par les infrastructures de communication, piliers de compétitivité pour les entreprises. La première phase du Plan Vendée Numérique a été lancée et concerne près de 30 000 foyers vendéens. « Mais les réseaux d’avenir, ce sont aussi les routes, a rappelé le Président du Conseil général. En 2014, les contournements sud des Herbiers et celui d’Olonne-sur-Mer seront ouverts à la circulation et d’autres chantiers démarreront comme ceux de la liaison Chantonnay-Bournezeau ou le contournement de St Michel-Mont-Mercure ».

« La Vendée doit également investir les secteurs d’avenir, a poursuivi le président du Conseil général. Ça sera le cas avec l’éolien offshore, car nous avons exigé que le parc éolien des deux îles profite directement à l’économie des îles et aux entreprises vendéennes. ». Cette déclaration fait référence au second appel d’offres public lancé, outre pour le parc situé au large du Tréport (Seine-Maritime), pour celui prévu au large des îles de Noirmoutier et d’Yeu. Ce dossier promet d’accaparer l’actualité vendéenne dans les mois à venir.

Les enjeux économiques sont effectivement d’importance. Il faudra arbitrer entre deux projets tous deux a priori bénéfiques au territoire. Le premier, le consortium AREVA/GDF Suez promet l’ouverture de bases de maintenance à Port-Joinville et Noirmoutier, en plus d’une base de montage à Saint-Nazaire. Le scénario du premier appel d’offres, dans lequel Areva a pris une part active, soulève néanmoins ici quelques réserves. Luc Oursel, président du groupe nucléaire, s’était en effet engagé, dans une lettre adressée à François Fillon, à construire une usine au Havre s’il remportait le 1er appel d’offres relatif au champ de Saint-Brieuc aux côtés de son partenaire Iberdrola. Mais l’usine n’est toujours pas construite, et le permis de construire n’est pas encore déposé selon le service de l’urbanisme du Havre.

Le concurrent, le consortium EDF/WPD/Alstom, anticipe la création de 1000 emplois directs et 4000 indirects. Les usines sont en construction à Saint-Nazaire, ce qui aura probablement de quoi rassurer les élus locaux, et le consortium a intégré le tissu industriel des Pays de la Loire à son projet en signant notamment une convention de partenariat avec le Conseil Général de Vendée et Vendée Expansion.

« Les secteurs d’avenir, ce sont aussi l’agriculture ou le domaine maritime. Dans ce dernier secteur, nous démarrerons cette année un projet départemental pour renforcer notre ambition. Cette mission sera confiée au Vendéen Jean-Yves Perrot, ancien patron de l’Ifremer » a conclu le président. L’agriculture sera elle à l’honneur dès les 5 et 6 février 2014 avec la tenue de l’assemblée générale de la Fédération nationale bovine (FNB) qui se tiendra les 5 et 6 février aux Sables d’Olonne.

Sur le plan social, la feuille de route n’est pas en reste, taux de chômage oblige : « Pour les personnes frappées par la crise et qui recherchent un emploi, notre nouveau plan d’insertion et de l’emploi privilégiera un accompagnement personnalisé et l’insertion par le travail. Ainsi, les formations tournées vers l’emploi ou l’aide à l’obtention au permis de conduire sont des mesures que nous développerons en 2014 ». Jean-Benoît Albertini, le préfet de la Vendée, a quant à lui reçu des autorités ministérielles l’objectif de promouvoir les initiatives gouvernementales en matière d’emploi pour aider un département où le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale.

Dans son discours, Bruno Retailleau refusait de se ranger aux côtés des défaitistes qui prédisent le déclin de la France. « Nous ne le voulons pas. La France est faite pour autre chose » a-t-il martelé. Avec de tels chantiers, il est en effet probable que le département se distingue et trompe, espérons-le, la morosité économique.

Corinne

Crédits photo : Pinpin

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