Le Royaume-Uni se porte mieux, mais …

Londres Slick

 

 

Depuis le début de l’année 2014, la croissance a repris Outre-manche. Cette évolution est due à la consommation et aux investissements des entreprises selon la Coface. Cependant, ce rebond apparent n’occulte pas complètement les difficultés réelles auxquelles le pays doit faire face. Qu’en est-il vraiment si l’on y regarde de plus près ?

Preuve de la bonne santé économique du royaume britannique du moment, la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) a évalué le 12 juin le risque-pays du Royaume-Uni à A2 (la classification allant de A1 à D), ce qui constitue une amélioration par rapport à la situation antérieure. Ce classement reflète la perception que l’assureur-crédit a des risques d’impayé des entreprises britanniques lors d’un échange commercial. Cette perception est fondée sur des critères économiques, sociaux et politiques. Yves Zlotowski, économiste en chef à la Coface, explique que « cette révision du risque pays montre que nous sommes confiants dans le dynamisme de l’économie britannique ». Elle traduit le passage d’un mode de croissance très spéculatif (immobilier, marchés financiers…) à une croissance plus saine. Les prévisions de la Coface sont de 2,7% de croissance du PIB en 2014 et de 2,1% en 2015. Des chiffres bien au dessus de beaucoup de pays européens tels que la France.

Paul Chollet, économiste spécialiste de la Grande-Bretagne à la Coface, va dans ce sens quand il déclare que « depuis le début de l’année, la croissance n’est plus poussée seulement par la consommation. Les entreprises se sont mises à investir et pas seulement dans la construction ». La fin de la spéculation immobilière (ou du moins son tarissement) semble bien offrir un peu d’air à une économie britannique asphyxiée depuis 2008. Selon le spécialiste, « la hausse de l’investissement devrait atteindre 7,8 % cette année et sera un moteur majeur de l’activité ». Parallèlement, l’État soutient certains pans de l’économie comme l’automobile, la pharmacie et l’aéronautique. Un comble pour le gouvernement tory, pourtant héritier de Margaret Thatcher.

L’agence rappelle cependant qu’il ne faut pas parler de « miracle » car certains problèmes de fond sont encore loin d’être résolus. Le niveau d’emploi a beau être revenu à ce qu’il était en 2008, les salaires ont baissé de 10% et le travail à temps partiel a explosé depuis 6 ans. De plus, le déficit public peine à se résorber : il atteignait 5,8% du PIB en 2013 et devrait atteindre 5,4% cette année. De même, la dette des ménages atteint 120% du PIB et la dette publique 92% du PIB. Le Royaume-Uni semble donc jouir d’une croissance à crédit quand bien même il s’est relevé de sa chute vertigineuse de 2008. Dans ce genre de situation, il vaut mieux se dire comme les Monty Python à la fin de Life of Bryan (La vie de Brian) : « Always look on the bright side of life » !

Crédits photo : Slick

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