Sécu : Les dépenses concernant les infirmiers et les kinésithérapeutes inquiètent

Batiment securité sociale_photo de Fred RomeroA quelques jours du 70e anniversaire de la sécurité sociale et de son budget 2016, la Sécu s’est offert comme cadeau un rapport de la Cour des comptes. Ce cadeau ne va pas plaire à tout le monde, car il souligne l’explosion des dépenses de soins des infirmiers et des kinésithérapeutes. Deux des professions médicales les plus appréciées des Français.

Les soins dispensés par les infirmiers et les masseurs kinésithérapeutes exerçant en libéral (10 milliards d’euros en 2014) font une hausse de près de 6 % par an depuis 2000. Ce n’est pas uniquement les montants engagés qui inquiètent (ils peuvent difficilement diminuer avec le vieillissement de la population), c’est surtout une répartition territoriale trop inégale. Alors que certaines régions (Picardie, Normandie, centre de la France, région parisienne) sont en sous-effectif, d’autres régions sont largement pourvues (75 infirmiers pour 100 000 habitants en Ile-de-France, 398 en Corse). Ces différences entrainent une autre disparité, celles des dépenses, loin d’être proportionnelles. Les honoraires infirmiers sont jusqu’à cinq fois plus élevés en Corse que dans les Pays de la Loire. Pour les kinés, ils varient du simple au double. Le département des Bouches-du-Rhône représente 9 % des remboursements infirmiers alors qu’il ne regroupe que 3 % de la population. Une différence que la pyramide des âges ne peut expliquer à elle seule.

La Cour des Comptes préconise de placer les deux professions sous surveillance financière, en renforçant notamment le nombre de contrôles, qui restent encore très rares. L’institution souhaite à terme, en s’inspirant de l’exemple allemand, fixer un montant maximal des dépenses et de faire baisser les tarifs de soins en cas de dépassement.

Crédit photo : Fred Romero

 

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