Énergies renouvelables, vecteur de croissance en France

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Un monde 100% énergies renouvelables en France, comme partout ailleurs, serait-il possible à l’horizon 2050 ? C’est ce que soutient l’ONG Greenpeace dans un rapport rendu public le 21 septembre dernier, et soutenu le lendemain par une étude du cabinet d’étude I-Care, commandée par la branche française de l’ONG. 1600 milliards de dollars devront être investis chaque année, mais des millions d’emplois sont à la clé.

Énergies renouvelables, levier d’emplois en France

Analysant l’impact socio-économique des énergies renouvelables sur quatre territoires, l’ONG Greenpeace démontre que le passage aux énergies renouvelables (éolien, hydraulique, photovoltaïque, etc.) permet non seulement de créer des emplois mais aussi d’engranger des recettes fiscales pour les communes.

Exemple à Sor-Arfons (Tarn). La commune a quintuplé ses rentrées fiscales depuis l’installation de onze éoliennes en 2009, avec 412 000 euros supplémentaires par an. Dans les Pyrénées-Orientales, le parc agri-solaire d’Ortaffa a permis le maintien de trente emplois et la création de trois nouveaux postes à la suite de la mise en service du parc. Un puissant levier d’emplois pour le futur.

Interrogé par Libération, Sébastien Blavier, chargé de campagne énergie à Greenpeace France, détaille les chiffres : « En France, la transition énergétique pourrait créer 230 000 emplois nets d’ici 2030, c’est-à-dire un solde largement positif, rien que dans le secteur de l’énergie, selon le CNRS (étude CIRED). Dans le rapport de Greenpeace sur 100 % d’énergies renouvelables en 2050 dans le monde, à chaque étape de la transition vers celles-ci, on créée des emplois dans le secteur de l’énergie : +25 % d’ici 2020, auquel s’ajoutent 19 millions d’emplois en 2050 ».

EDF-Alstom développent l’éolien et créent 7000 emplois

Les grandes entreprises du secteur ont compris les bénéfices du renouvelable. Dans son plan stratégique pour 2030, EDF fait la part belle aux énergies renouvelables. « Nous consacrerons aux énergies renouvelables le maximum d’investissements sans remettre en cause les ressources nécessaires pour moderniser ou renouveler le parc nucléaire français et britannique », explique Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF. EDF fait déjà partie des entreprises qui créent le plus d’emplois nets en France (embauches moins départs). En 2013, une étude du Monde l’avait placé à la première place des créateurs d’emplois en France, devant McDonald’s et Airbus, affichant entre 1 300 et 3 000 emplois nets.

L’essor du renouvelable, et surtout de l’énergie marine, pour laquelle la France a de gros avantages grâce à sa façade maritime, va lui permettre de renforcer sa position de leader et d’embaucher davantage. Le consortium EDF-Alstom a remporté trois appels d’offre en 2013 pour la création d’un vaste parc éolien au large de Fécamp, Courseulles-sur-Mer et Saint-Nazaire. Ces projets devraient créer à eux seuls 2000 emplois pour la construction puis l’exploitation du parc et 5000 emplois consacrés à l’ingénierie et la R&D.

« Le chiffre de 1 600 milliards de dollars par an peut paraître important mais est totalement réaliste »

Ces projets ambitieux devraient permettre à la France de rattraper son retard. Le pays développe en effet les énergies renouvelables trois fois moins vite que ses voisins européens. Très attachée à l’énergie nucléaire, elle tarde à amorcer un réel tournant vers la transition énergétique. L’électricité produite provient en effet à hauteur de 75% des 58 réacteurs du parc nucléaire français. Les partisans du nucléaire soutiennent que l’abandon du nucléaire ferait grimper les prix de l’énergie, augmentation qui sera répercutée sur la facture du consommateur.

C’est sur ce point que Greenpeace essaie de rassurer : non les énergies renouvelables ne sont pas des énergies de luxe. Elles nécessitent des investissements conséquents mais dont le retour sur investissement est garanti, pérenne, et très supérieur à l’effort initial. « En 2014, on a investi 310 milliards de dollars dans les énergies renouvelables dans le monde. C’est quinze fois plus que dans le nucléaire par exemple. Et la tendance ne fait que s’accentuer » explique Sébastien Blavier. « Pour faire la transition énergétique, il va pourtant falloir passer à la vitesse supérieure. Le chiffre de 1600 milliards de dollars par an peut paraître important mais est totalement réaliste. » Et ces investissements seront rentables puisqu’ils seront plus que couverts par les économies futures, 1100 milliards de dollars par an. Un point de vue partagé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), qui soutenait également dans une étude publiée en avril dernier que le passage au tout renouvelable ne coûterait pas plus cher.

La transition énergétique reste une question épineuse pour le gouvernement : question d’autonomie, de coût, d’emplois… Le député Europe Ecologie-Les Verts Denis Baupin dénonce ainsi « le tabou qu’il y a à évoquer le passage du nucléaire aux énergies renouvelables». La loi sur la transition énergétique prévoit pour l’instant de porter la part des renouvelables à 40 % du mix-électrique français à l’horizon 2030 en réduisant la part du nucléaire de 75 %. Cette mesure devrait favoriser l’émergence d’une véritable filière industrielle nouvelle, celle des énergies marines, pour laquelle la France est particulièrement bien placée. Et permettre l’émergence de milliers d’emplois nouveaux.

Déjà un commentaire sur cet article

  1. lambotte dit :

    Bonjour,

    mon interrogation est de savoir, si tous les pays du monde insatallemt des éoliennes et du solaire, si nous avons les matières premières nécessaires (acier, cuivre, métaux rares, …)
    merci
    cordialement

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