330 milliards de dollars investis dans les renouvelables en 2015

Le 9 février dernier, la Cour suprême des Etats-Unis a suspendu le Plan américain pour une énergie propre présenté par Barack Obama, qui devait permettre le développement des énergies renouvelables dans un pays où les fossiles sont encore prédominantes. Ailleurs dans le monde, à l’inverse, les énergies vertes se développent plus que jamais.

Obama contrarié par les conservateurs

Barack Obama, le président américain, a fait de la lutte contre le changement climatique le cheval de bataille de sa fin de mandat. C’est par conséquent un coup dur que lui a infligé la Cour suprême des Etats-Unis en suspendant, le 9 février dernier, son ambitieux Plan américain pour une énergie propre. Un revirement de situation qui signe une première victoire pour la puissante industrie américaine du charbon ainsi que pour les 27 États où cette ressource fossile polluante garde une place prépondérante dans le mix énergétique.

Car c’est bien au charbon que s’est attaquée la Maison Blanche, en juin 2015, lorsqu’elle a présenté les nouvelles dispositions législatives du Plan américain pour une énergie propre (America’s Clean Power Plan). Un programme dont l’étape « la plus importante » est, selon Obama, d’imposer de fortes restrictions aux centrales thermiques qui produisent 37% de l’électricité américaine à l’aide du charbon. Et ainsi d’ouvrir la voie à une réduction de 32% des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis par rapport à l’année 2005.

Chapeauté par l’Agence américaine de Protection de l’Environnement (EPA), le nouveau programme énergétique américain rend caduque la solution de l’efficacité énergétique : cette dernière permettrait en effet aux États de remplacer le charbon par une autre ressource énergétique polluante, le gaz de schiste. Barack Obama souhaite au contraire accélérer le déploiement des énergies renouvelables : solaire et éolien devront générer près d’un tiers de l’électricité américaine d’ici l’horizon 2030. Il devra pour ce faire attendre au moins jusqu’à l’été, le temps qu’une cour d’appel examine de nouveau son plan.

Les renouvelables progressent en France en 2015  

Si le développement des énergies renouvelables est à l’arrêt aux Etats-Unis, il est bel et bien une des solutions privilégiées par la communauté internationale pour répondre au défi climatique actuel. 2015 aurait même été une année record en termes d’investissements dans ce secteur. Selon une étude réalisée et publiée par l’institut Bloomberg, ce ne sont pas moins de 329,3 milliards de dollars qui auraient été investis l’année dernière dans les énergies vertes. Malgré l’importante baisse du prix du pétrole, les sommes investies dans les ressources renouvelables ont donc augmenté de 4% par rapport à 2014. Économie fortement émettrice de gaz à effet de serre, la Chine n’en respecte pas moins ses engagements climatiques : l’Empire du Milieu reste le plus important investisseur avec 110 milliards de dollars injectés dans les énergies renouvelables (soit 17% de plus qu’en 2014).

Des progrès que l’on constate également en France. Selon le Panorama de l’électricité renouvelable publié début février par le gestionnaire réseau RTE, les énergies propres progressent dans le mix électrique tricolore. En 2015, le parc renouvelable français a progressé de 2.000 MW, principalement grâce à l’énergie éolienne et au photovoltaïque. Les énergies renouvelables ont d’ailleurs permis de couvrir plus de 18% de la consommation électrique hexagonale en 2015.

Mais les ambitions françaises vont bien au-delà de ces résultats prometteurs. EDF a présenté quelques jours avant la COP21 – qui s’est terminée le 12 décembre dernier – son ambitieux plan stratégique de développement des énergies renouvelables baptisé Cap 2030. Malgré les très faibles émissions de CO2 de son parc de production – nucléaire essentiellement –, l’électricien français souhaite accélérer le déploiement des énergies vertes : il s’agira de doubler la production du groupe d’ici 2030, de 28 GW à plus de 50 GW. EDF participera donc activement à la transition énergétique française, le gouvernement ayant prévu d’arriver à 32% de renouvelables dans le mix énergétique d’ici une quinzaine d’années.

10 GW de nouvelles capacités de production renouvelable en Afrique

Les énergies vertes pourraient également s’avérer être une solution adaptée aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui se présentent désormais sur le continent africain. Laurent Fabius, désormais ex-président de la Conférence internationale sur le climat, a annoncé en décembre dernier que les pays développés s’étaient engagés à réunir la somme de 10 milliards d’euros pour permettre le développement de « 10 GW de nouvelles capacités de production d’énergie verte d’ici 2020 » en Afrique.

Il apparait aujourd’hui de manière évidente que la nouvelle équation énergétique devra être résolue à l’échelle mondiale. Car « il n’y a pas de défi qui pose une plus grande menace pour notre avenir et pour les générations futures que le changement climatique », estime Barack Obama. « La plupart du temps, les problématiques auxquelles nous faisons face sont temporaires et nous pouvons nous attendre à ce que les choses s’améliorent si nous y travaillons dur. Mais voilà l’un des rares cas qui, de par son ampleur, de par sa portée, si nous ne le réglons pas, ne pourra pas être inversé. Et nous ne pourrons probablement pas nous adapter suffisamment ».

 

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