Venezuela : le troc en ligne comme alternative à la pénurie d’aliments

Vista_PlazaVenezuela2Alors que le Venezuela est fortement impacté par une grave pénurie de produits de première nécessité, la population tente de trouver des alternatives afin de continuer à vivre dignement. C’est le cas du troc en ligne qui tend chaque jour à se populariser un peu plus.

« Nous avons déjà oublié ce que c’était d’échanger sur d’autres sujets de conversation. L’idée est d’activer les mécanismes de solidarité dans la communauté car nous sommes tous dans le besoin ». Tels sont les mots prononcés par Plalla Alvarez, une assistante pédagogique travaillant à Caracas.

Et pour cause, ce pays sud-américain dont les réserves de pétrole sont les plus importantes au monde, est touché de plein fouet par la chute des cours du brut (l’or noir lui apporte près de 96% de ses devises). L’inflation est donc l’une des résultantes de cette crise économique indécente où les habitants manquent de tout, ou presque. Son taux a d’ailleurs explosé en 2015 (180,9%), attestant d’un triste record mondial.

Pour faire face à cet état de fait, le troc en ligne d’aliments apparait en conséquence comme une solution incontournable pour la population. A l’image de Whatsapp et Facebook qui pullulent d’annonces proposant des échanges de denrées, de produits d’hygiène personnelle ou encore de médicaments.

P.Alvarez explique ainsi être en contact permanent avec un millier de personnes sur les réseaux sociaux afin de dénicher « les bonnes affaires ».

Le principe régissant ces groupes est simple et complexe à la fois poursuit de son côté Jophelin Primera, informaticien de 30 ans : « L’administrateur vérifie que les règles sont respectées. Toutefois l’idée n’est pas de gagner de l’argent, mais de réussir à se fournir », précise-t-il (ndlr : la spéculation est prohibée).

Avant de conclure laconiquement : « La situation, malheureusement, nous oblige à recourir à ce genre d’outils pour pouvoir nous approvisionner un peu. »

Les puristes s’échangent alors descriptions et photos puis conviennent d’un rendez-vous pour officialiser le deal; « une coutume » devenue aujourd’hui incontournable tant les supermarchés locaux sonnent désespérément vides.

Pour rappel, sept Vénézuéliens sur dix souhaitent actuellement le départ du président en place, Nicolás Maduro. Ce dernier est également fragilisé par l’opposition de centre-droit qui milite ardemment pour l’organisation d’un référendum destiné à le révoquer.

Sources : Romandie et Libération

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