1,5 million d’euros pour développer l’économie sociale et solidaire au Maroc

L’Agence française de développement (AFD) a accepté d’accorder une subvention de 1,5 million d’euros au ministère marocain du tourisme, du transport aérien, de l’artisanat et de l’économie sociale, pour aider à renforcer le cadre de l’économie sociale et solidaire (ESS) au Maroc. Les ESS sont des entreprises qui produisent des biens et des services, tout en poursuivant des objectifs sociaux.

La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de la directrice du ministère Nadia Fettah Alaoui, de l’ambassadrice de France au Maroc Hélène Le Gal, et du directeur de l’AFD à Rabat Mihoub Mezouaghi. L’accord de subvention vise à aider le ministère à renforcer les mécanismes juridiques nationaux de l’ESS marocaine.

L’Organisation internationale du travail (OIT) définit l’ESS, de manière non-officielle, comme un « concept désignant les entreprises et les organisations, notamment les coopératives, les mutuelles, les associations, les fondations et les entreprises sociales, qui ont la particularité de produire des biens, des services et des connaissances tout en poursuivant des objectifs à la fois économiques et sociaux et en favorisant la solidarité ».

L’aide financière permettra au ministère d’actualiser le cadre juridique entourant l’ESS, notamment dans le contexte de la relance économique post-COVID-19.

L’aide se déroulera en trois étapes essentielles : une étude de diagnostic et la mobilisation des parties prenantes ; l’actualisation du texte de loi ainsi que la mise en œuvre des changements ; et la mise en place de mécanismes de soutien à l’innovation sociale.

À cette occasion, Nadia Fettah Alaoui a expliqué que le développement de l’ESS au Maroc est parallèle aux réalisations de l’Initiative Nationale de Développement Humain, un programme lancé en 2005 afin d’élever le niveau de vie à l’échelle nationale.

Une analyse de l’OIT montre que les organisations de l’ESS peuvent agir à la fois pour créer et préserver l’emploi dans les secteurs traditionnels du pays. En outre, en fournissant des « emplois stables et de qualité », l’ESS peut promouvoir un travail utile, faciliter l’entrée des femmes sur le marché du travail, intégrer les travailleurs défavorisés et, en fin de compte, aider les économies à s’adapter de l’emploi informel à l’emploi formel.

Le ministre a noté qu’à travers une approche participative, le ministère peut initier un réel changement, notamment par la promotion de l’entrepreneuriat collectif et social. Nadia Fettah Alaoui espère que le projet de loi-cadre contribuera à faire de l’ESS un secteur économique et social indépendant et reconnu au Maroc.

Hélène Le Gal estime que le partage d’expérience entre le Maroc et la France, notamment en matière d’ESS, est de nature à faire avancer les différents partenariats en faveur des innovations sociales.

Le directeur de l’AFD a noté que la banque observe une croissance des initiatives ayant un impact  » social, environnemental et économique  » plus positif. La plupart de ces initiatives sont « portées par des acteurs locaux ancrés dans un territoire et lorsque ceux-ci sont inclus dans un cadre institutionnel favorable à leur développement et lorsqu’ils sont agrégés, ces initiatives peuvent alors avoir un fort effet de levier sur la croissance économique et la résilience sociale », a conclu Mihoub Mezouaghi.

L’accord fiscal n’était que la première étape vers un écosystème ESS consolidé. Avec le renforcement du cadre réglementaire qui entoure l’ESS, le Maroc pourrait connaître un véritable coup d’accélérateur dans sa relance économique.

 

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