Le nucléaire avantageux en soutient de l’hydrogène propre, selon un rapport parlementaire

Seules l’énergie nucléaire et l’hydroélectricité présentent le double avantage d’être contrôlables et sans carbone, selon un rapport sur la production d’hydrogène publié par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Pour produire de l’hydrogène à faible teneur en carbone à l’échelle mondiale, 400 GW de capacité nucléaire seraient nécessaires, selon ce rapport.

Les membres de l’OPECST, désignés de manière à assurer la représentation proportionnelle des groupes politiques, appartiennent à la fois à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il est composé de 18 députés et de 18 sénateurs.

“Pour que l’hydrogène produit par électrolyse soit bas carbone, il faut utiliser de l’électricité ‘verte’ – issue des énergies renouvelables – ou ‘jaune’ – issue du nucléaire”, précise l’OPECST, mais la production d’hydrogène à partir des énergies renouvelables coûterait quatre fois plus cher que celle d’un petit réacteur modulaire.

“Les investissements étant élevés, il faut rentabiliser les électrolyseurs en allongeant la durée de leur utilisation (un seuil minimal de 5000 heures par an et un seuil optimal allant jusqu’à 8000 h/an), ce que l’intermittence des renouvelables ne permet pas (2000-4000 h/an). À cet égard, seules l’énergie nucléaire et l’hydroélectricité présentent le double avantage d’être contrôlables et sans carbone”, indique le rapport.

L’objectif de l’Union européenne d’installer 6 GW d’électrolyseurs pour la production d’un million de tonnes d’hydrogène à partir de sources renouvelables d’ici 2024, puis 40 GW pour 10 millions de tonnes d’ici 2030, nécessiterait respectivement au moins 15 000 et 150 000 éoliennes, ou des panneaux solaires photovoltaïques couvrant une superficie d’environ 800 000 hectares et huit millions d’hectares.

À l’échelle mondiale, la fourniture de 70 millions de tonnes d’hydrogène à partir de sources renouvelables nécessiterait la mise en service de plus d’un million de nouvelles turbines éoliennes ou de 56 millions d’hectares de panneaux photovoltaïques. L’alternative, l’hydrogène à faible teneur en carbone issu de l’électricité nucléaire, représenterait 400 GW de nouveaux réacteurs nucléaires. Il s’agit toutefois d’une “chimère”, selon le rapport, car plusieurs pays – dont la France – réduisent la part du nucléaire dans leur bouquet énergétique. Certains pays, dont l’Allemagne, visent à importer de l’hydrogène depuis des pays disposant d’une plus grande capacité en matière d’énergies renouvelables, ajoute le rapport.

Pour produire de l’hydrogène par électrolyse, la France aurait besoin de “l’équivalent de quatre centrales nucléaires dédiées uniquement à la production d’électricité”, indique le rapport.

Le rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques est disponible ici.

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