Céline Dion : le « dynamic pricing », la première surprise des concerts

Céline Dion : le « dynamic pricing », la première surprise des concerts

Céline Dion offrira une série de concerts à Paris, du 12 septembre au 17 octobre. Si son retour est très attendu, le « dynamic pricing » gâche un peu la fête. Cette méthode de tarification, qui repose sur l’ajustement des prix en temps réel en fonction de la demande, fait disjoncter les fans depuis le début des préventes de billets.

C’est un retour très attendu. Après six ans d’absence, principalement pour cause de maladie, Céline Dion s’apprête à remonter sur scène à Paris La Défense Arena pour une série de 16 concerts, prévus du 12 septembre au 17 octobre prochain. Si le show aura lieu dans six mois, les préventes de billets ont démarré le mardi 7 avril sur AXS, Ticketmaster, Fnac et le site officiel de l’évènement. Sans surprise, il y a eu des files d’attente interminables sur ces plateformes, mais également des bugs. Malgré tout, les billets sont partis comme de petits pains. Sauf que ça ne s’est pas passé comme prévu au niveau des prix.

Le dynamic pricing s’invite à la fête

Si l’organisateur des concerts a fixé un plafond à 300 euros (entre 89,50 euros et 298,50 euros) pour les places classiques, les prix ont rapidement grimpé. Certains fans ont dû payer trois fois plus, jusqu’à 1000 euros la place parfois. Sur Internet, beaucoup se sont plaints de ce changement brutal des tarifs qui ressemble à de l’arnaque. Mais il ne s’agit pas d’une fraude.

Cette modification brusque dérive de ce qu’on appelle le « dynamic pricing ». Plus répandue aux États-Unis et au Royaume-Uni, cette pratique consiste à ajuster les prix en temps réel en fonction de la demande. Elle se base aussi sur des données individuelles comme la situation géographique de l’acheteur, son âge, son sexe et sa race. Ainsi, pour donner le prix d’un ticket, le système scanne le profil du client au moment où il se connecte sur la plateforme d’achat.

Le dynamic pricing n’est ni illégal ni interdit en France, mais reste très encadré

Pour la plupart des Français, la tarification dynamique reste une nouveauté difficile à digérer. Cette méthode semble d’autant intolérable qu’il y a un minuteur pour valider au plus vite son panier. Or, à ce stade, peu de personnes ont le courage de revenir sur leurs pas. Elles ne sont pas certaines d’avoir à nouveau cette occasion, tant la file d’attente est longue. Du coup, les fans sont obligés de valider à contre-cœur. Si la tarification dynamique peut ressembler à un abus sur le consommateur, cette pratique n’est pas illégale ni interdite en France. Elle est toutefois très encadrée. Les plateformes doivent notamment prévenir les acheteurs que les prix peuvent évoluer, et expliquer comment cela se produit.

La DGCCRF a ouvert une enquête

Si ce n’est pas fait, le dynamic pricing peut être considéré comme trompeur. Il y a déjà eu plusieurs signalements à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a ouvert une enquête le vendredi 10 avril. Le régulateur va vérifier s’il y a eu « pratique commerciale trompeuse ou déloyale ».

De son côté, AXS a expliqué les changements de prix pour les places classiques par un incident technique. Celui-ci n’aurait « concerné qu’un nombre limité de fans », assure la plateforme, qui dit avoir contacté directement les victimes afin de résoudre la situation. Il appelle cependant les fans à différencier les billets « standard » dont les prix sont « fixés par la salle, l’équipe ou le promoteur » des billets premium, qui permettent d’accéder « à d’excellentes places » et qui incluent parfois la réservation d’hôtels.