La Haute-Commissaire à l’Enfance plaide pour la conception de villes à hauteur d’enfants
La Haute-Commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry a récemment appelé à la construction de villes à hauteur d’enfants, face à la disparition progressive des enfants de l’espace public, à cause notamment du concept « no kids ». Elle recommande un ensemble d’équipements, allant des écoles aux logements en passant par les rues, qui permettent une inclusion globale en prenant en compte les besoins de tout type de familles.
Saisie par la Haute-Commissaire à l’Enfance sur la tendance du « no kids », des espaces publics interdits aux enfants, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a publié un avis, le 6 juillet 2026, dans lequel elle s’inquiète de la « disparition progressive des enfants de l’espace public ». L’organisme appelle à mettre un terme à cette pratique, y voyant une sorte de discrimination. Dans un contexte de dénatalité préoccupant, il soutient l’idée de la Haute-Commissaire à l’Enfance et de l’UNICEF de la conception de villes et de logements plus inclusifs.
Même la SNCF s’est lancée dans la tendance du « no kids »
Depuis quelques années, les restaurants, hôtels et campings multiplient les espaces « no kids » ou « only adults », des lieux publics uniquement réservés aux adultes. En France, ce concept a attiré l’attention du grand public en janvier 2026, lorsque la SNCF a annoncé la création d’une nouvelle classe interdite aux mineurs, « Optimum ». Le groupe ferroviaire public justifie cette décision par la volonté de « garantir un maximum de confort à bord ». Mais cette mesure a été beaucoup critiquée, poussant la Haute-Commissaire à l’Enfance à saisir la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).
Les villes à hauteur d’enfants s’imposent car 80% des familles qui ont des enfants vivent en milieu urbain
Selon Mme Sarah El Haïry, les espaces « no kids » sont la partie visible d’un phénomène alarmant d‘exclusion plus générale des enfants de l’espace public en raison de leur âge. Aussi, elle constate que les villes font aujourd’hui la part belle aux espaces de coworking et aux salles de fitness plutôt qu’aux espaces de jeux, aux parkings à vélos et aux espaces pour les poussettes.
La Haute-Commissaire à l’Enfance estime que cette tendance est le reflet d’une société de plus en plus individualiste et égoïste, qui considère l’enfant comme une gêne plutôt que l’expression de la vie. Lors d’une table ronde organisée en janvier 2026, avec Unicef France notamment, elle avait défendu la nécessité de prendre réellement en compte les besoins des enfants – un peu plus de 14 millions en France – dans l’aménagement des villes et des espaces publics, sachant que 80% des familles qui ont des enfants vivent en milieu urbain.
Penser l’aménagement des villes très en amont, en tenant compte des enfants
Mme Sarah El Haïry appelle donc à repenser la ville à hauteur d’enfant. Cela signifie qu’il faut promouvoir la conception de villes accueillantes pour les tout-petits et donc pour les familles dans leur ensemble. La Haute-Commissaire à l’Enfance conseille un ensemble d’équipements adaptés aux enfants dans les écoles, espaces publics, rues, gares ou encore logements. Elle juge essentiel que les municipalités pensent l’aménagement très en amont, dès les plans de construction.
Ainsi, un projet d’école doit intégrer les interactions avec les routes, parcs et autres commerces avoisinants. Mme Sarah El Haïry croit en outre que les outils numériques peuvent aider, en permettant par exemple d’adapter le rythme des feux tricolores, la modulation de la vitesse autour des établissements ou encore la mise en place de rues scolaires.
Les villes à hauteur d’enfants, un projet existentiel pour la France
Alors que les canicules mettent à l’épreuve le bâti scolaire et les logements, la Haute-Commissaire à l’Enfance préconise par ailleurs de renforcer l’hydratation, de végétaliser les villes, de construire des ombrages, de miser sur la ventilation et de rénover les bâtiments. Pour mieux conduire ces projets, elle juge indispensable de former les élus et les agents des collectivités à l’intégration de ces facteurs. Cela évitera des démarches « cosmétiques ».
Mme Sarah El Haïry relève enfin que les municipalités ont intérêt à rendre la ville plus accueillante pour les enfants, afin d’être plus attractives. Les entreprises font de plus en plus attention aux politiques locales de soutien à la parentalité. à l’échelle de la France, c’est une question existentielle, au moment où le pays est frappé par la dénatalité.




