Tour de France : Christian Prudhomme favorable au « salary cap »
Faut-il instaurer le salary cap dans le cyclisme pour maintenir l’équité dans ce sport ? Alors que Tadej Pogacar domine le Tour de France, Christian Prudhomme se dit favorable au nivellement des salaires. Le directeur de la Grande Boucle pense que cela va permettre de répartir les meilleurs coureurs dans toutes les équipes et maintenir le suspense. Un peu à l’image de ce qui se passe en NBA et dans le Top 14.
Bis repetita. Cette année encore, Tadej Pogacar et son équipe UAE Team Emirates dominent outrageusement le Tour de France. À mi-chemin de la Grande Boucle ce mardi (10e étape sur 21e), le Slovène avait déjà plié la concurrence. Son plus grand rival Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike), qui a abandonné la compétition dimanche après une chute, était déjà à plus de à 2 minutes et 38 secondes. Cet écart relance à nouveau le débat sur l’équité dans le cyclisme professionnel.
Mettre un plafond de salaires au Tour de France
Conscients qu’un tel déséquilibre peut nuire à l’intérêt des compétitions, que ce soit pour les coureurs ou le public, certains cyclistes et directeurs sportifs militent pour l’instauration d’une nouvelle règle de salary cap dans le cyclisme. Cette règle oblige chaque équipe à ne pas dépasser une masse salariale fixe pour l’ensemble de son effectif, un moyen de rééquilibrer un peu les forces en présence. Elle existe déjà en NBA et même dans le rugby français. En Top 14, il y a un plafond total de 10,7 millions d’euros à répartir dans chaque équipe. Il est assorti de bonus éventuels en fonction des internationaux. Ce qui permet à Toulouse de disposer par exemple de trois millions supplémentaires, le maximum. Si la Ville Rose gagne régulièrement le championnat, les autres équipes offrent une belle concurrence.
Christian Prudhomme favorable à un salary cap pour maintenir le suspense dans le Tour de France
Christian Prudhomme dit se pencher aussi sur le salary cap. Dans une interview accordée à The Athletic, le directeur du Tour de France pour la société organisatrice ASO a déclaré qu’une telle mesure garantirait davantage de suspense pendant la course. « On y est clairement favorables, nous avons des discussions en cours avec l’UCI, les coureurs et les équipes. », a-t-il confié. Le dirigeant français admet que les trois ou quatre équipes les plus riches raflent tous les meilleurs jeunes coureurs parce qu’elles ont les moyens. Ce sont : UAE Emirates, Visma – Lease a Bike, Red Bull – Bora – Hansgrohe et INEOS (on pourrait aussi y ajouter Lidl – Trek). « Les cyclistes les plus prometteurs doivent évoluer dans plusieurs équipes différentes », ajoute le boss de la Grande Boucle.
« Les entrepreneurs privés doivent pouvoir continuer à investir »
Mais pour rétablir l’équité, « les entrepreneurs privés doivent pouvoir continuer à investir. Sans ça, c’est trop cher… et c’est essentiel pour l’avenir du cyclisme. D’autant que des budgets personnels pourraient venir contourner ces règles. », avertit Christian Prudhomme. Jonathan Vaughters, le patron de la formation EF Education First, est également favorable à ce nivellement des salaires. À l’occasion de sa participation au Cycling Performance Podcast, il a affirmé qu’il serait « intéressant d’observer l’impact d’un tel changement » et qu’« avec cette nouvelle règle, Pogacar pourrait toujours empocher ses 10 millions d’euros par an. Un peu comme s’il roulait pour Cofidis ».




