Paracétamol : l’Etat veut baisser le prix PFHT de 13 % à partir de 2027

Paracétamol : l’Etat veut baisser le prix PFHT de 13 % à partir de 2027

Le gouvernement souhaite réduire, à partir du 1er janvier 2027, le prix fabricant hors taxe (PFHT) du paracétamol de 13%, soit 10 centimes. Le tarif PFHT s’élèverait alors à 0,66 euro, contre 0,76 euro actuellement. En ajoutant les marges des grossistes-répartiteurs et des pharmaciens, le public paierait 2,18 euros par boîte de cet antalgique de palier 1. Cette baisse vise à limiter les dépenses de santé publiques. Mais elle provoque le mécontentement des laboratoires, qui y voient un obstacle à la souveraineté sanitaire tant réclamée par l’exécutif.

Mi-juillet, le Comité économique des produits de santé (CEPS), adossé au ministère de la Santé en France, a dit envisager de baisser de 13,04 % le prix du fabricant hors taxe du paracétamol (PFHT), c’est-à-dire le montant perçu par les laboratoires pour chaque boîte vendue. Prévue entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2027, cette mesure vise à limiter les dépenses de santé publiques en Hexagone.

Les Français vont devoir payer une boîte à 2,18 euros

Concrètement, cette baisse d’environ 13% reviendrait à soustraire 10 centimes par boîte, le but étant d’atteindre 0,66 euro au 1er janvier 2027, contre 0,76 euro actuellement. En ajoutant les marges des grossistes-répartiteurs et des pharmaciens, les Français payeraient une boîte à 2,18 euros. Depuis le début des années 2000, le prix du paracétamol n’avait été révisé qu’à trois reprises, à l’issue d’âpres négociations avec les laboratoires. C’était en 2003, 2005 et 2015. En 2020, il a été protégé de toute baisse de prix par un moratoire, qui prendra fin le 31 décembre 2026. D’où l’annonce du CEPS.

Le paracétamol, médicament le plus consommé en France parmi les comprimés remboursés par la Sécu

Le paracétamol, antidouleur vedette des armoires et boîtes à pharmacie, reste de loin le médicament le plus consommé en France parmi les comprimés remboursés par la Sécu. Au moins 430,3 millions de boîtes ont été distribuées aux patients entre juillet 2024 et juin 2025, selon les données publiées par l’Assurance maladie. Mais cet antalgique ne représente que 1,1% des 33,5 milliards d’euros de remboursements de médicaments, soit 371 millions d’euros. Il reste donc loin des médicaments comme le Keytruda, célèbre anticorps monoclonal utilisé dans le traitement de plusieurs cancers, qui a coûté 2,4 milliards d’euros sur la même période.

Les laboratoires relocalisaient pourtant le principe actif du paracétamol

La réduction de 13% du prix du paracétamol annoncée par le gouvernement ne plaît pas aux laboratoires, qui réclamaient au contraire une hausse. « On a reçu le courrier le jeudi soir (jeudi 16 juillet), à 19 heures, moins de cinq mois avant la production des premières boîtes 100 % françaises avec la relocalisation du principe actif », se plaint le fabricant Opella, qui ne comprend pas cette mesure.

Upsa, qui fabrique le paracétamol sous les marques Efferalgan et Dafalgan dans deux usines à Agen (Lot-et-Garonne), estime de son côté que « c’est insensé, tout l’inverse de ce qu’on a demandé » par l’exécutif au nom de la souveraineté sanitaire. Les principaux laboratoires français et même occidentaux produisent le principe actif de base en Asie, principalement en Chine et en Inde.

Une réunion avec le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin

Pour les groupes pharmaceutiques français, la décision baisser le prix du paracétamol va totalement à l’encontre du plan mis en place pour revaloriser les usines médicales en France et relocaliser les médicaments les plus essentiels et stratégiques. Opella et Upsa avaient investi respectivement 36 et 17 millions d’euros dans le cadre de ce plan de souveraineté sanitaire. Mécontents de l’annonce du CEPS, ils comptent rencontrer le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, pour faire annuler la décision. Le gouvernement envisagerait d’épargner les fabricants qui s’engageraient à produire leurs médicaments 100 % en France.