Les litiges liés au PEA restent le premier motif de saisine du médiateur de l’AMF
En 2025, les litiges concernant le plan d’épargne en actions (PEA) sont restés le premier motif de saisine du médiateur de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le nombre de cas a bondi de 150% en un an, avec 462 dossiers traités, contre 185 en 2024. Rémi Bouchez attribue cette envolée à la durée excessive des transferts d’un établissement à l’autre ainsi qu’à l’arrivée d’acteurs étrangers au fonctionnement différent.
Lors de la présentation de son rapport annuel 2025, le médiateur de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Rémi Bouchez, a annoncé une nouvelle augmentation du nombre de saisines en 2025, avec une forte progression concernant le plan d’épargne en actions (PEA). Les litiges en lien avec ce produit ont bondi de près de 150 % l’année dernière, avec 462 dossiers traités, contre 185 en 2024. Ce fut à nouveau le premier motif de saisine du médiateur.
Trois quarts des litiges liés au PEA concernent les transferts d’un intermédiaire financier à un autre
En 2025, le transfert d’un PEA d’un intermédiaire financier à un autre (vers des intermédiaires financiers européens ou entre établissements financiers français) est également redevenu le premier motif de saisine du médiateur. Il a fait l’objet de 342 dossiers déposés par les épargnants français, soit près des trois quarts (74,2%) des réclamations en lien avec le PEA. C’est une nette hausse par rapport à 2024, où l’Autorité avait recensé 109 cas liés à un problème de transfert. En prenant uniquement en compte les transferts entre acteurs français, les litiges atteignent 191 dossiers.
Plus de 700 000 PEA ouverts en 2025
L’AMF explique la forte hausse des saisines liées au PEA par le boom des offres de ce produit à frais réduits chez les applis d’épargne et les banques en ligne comme Fortuneo et BoursoBank. « Certains courtiers communiquent sur des dizaines de milliers de comptes ouverts depuis 18 mois. Parmi eux, il y a beaucoup de transferts d’anciens comptes vers ces nouveaux », indique le médiateur. En 2025, près de 705 000 PEA ont été ouverts selon la Banque de France, contre 593 000 en 2024. Ce niveau record d’ouverture porte le nombre de comptes Bourses à plus de 7 millions.
Les opérateurs étrangers peuvent avoir des pratiques différentes, qui ralentissent les transferts
Ce boom des comptes entraîne logiquement plus de transferts, ce qui implique nécessairement plus de litiges, même si leur nombre reste proportionnellement faible. Dans ce contexte, les délais de traitements peuvent être longs, parfois jusqu’à plus de six mois. C’est un peu trop pour certains épargnants. Il faut ajouter à cette contrariété l’arrivée de nouveaux intermédiaires, dont les pratiques d’opérateur étranger peuvent différer de pratiques de banques françaises et ralentir les opérations. Enfin, il y a une différence entre les titres disponibles d’un acteur à un autre. Ce qui peut également créer des blocages.
Le médiateur de l’AMF a reçu un record de 3 010 demandes en 2025
Outre le PEA, les litiges liés aux produits d’épargne salariale (PEE, PER collectif, etc.) ont également augmenté (+46%), avec 252 dossiers traités en 2025, contre 174 en 2024 et 206 en 2023. Il en va de même pour les SCPI, dont les litiges ont progressé de 41%, avec 199 dossiers traités et clos l’année dernière, contre 141 en 2024. Quant au nombre de dossiers en lien avec des crypto-actifs, il a augmenté de 38 % (30 dossiers) par rapport à 2024. Tous produits confondus, le médiateur de l’AMF a reçu un record de 3 010 demandes en 2025 (+37%), pour 888 propositions de solution.




