Rénovation du bâti scolaire : le gouvernement promet 5 milliards d’euros

Rénovation du bâti scolaire : le gouvernement promet 5 milliards d’euros

Le 26 octobre, le gouvernement a dévoilé une enveloppe de 5 milliards d’euros destinée à accélérer la rénovation du bâti scolaire et universitaire. Cet investissement est une réponse aux mobilisations lycéennes et étudiantes qui secouent la France depuis un mois. Il permettra d’améliorer l’état des bâtiments ainsi que le confort thermique des élèves. Toutefois, le choix de financer une grande partie des travaux par des prêts à taux bonifiés suscite des réserves de la part des régions, qui réclament davantage de moyens directement mobilisables.

Le lundi 26 octobre, le gouvernement a annoncé 5 milliards d’euros pour la rénovation des établissements scolaires et universitaires, en réponse aux mobilisations lycéennes et étudiantes. Présentée par les ministres de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, et de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, cette enveloppe vise notamment à améliorer l’état des bâtiments et le confort thermique des élèves.

1,5 milliard d’euros déjà engagés dans la rénovation du bâti scolaire

Le plan prévoit précisément 4 milliards d’euros de prêts à taux bonifiés pour les collectivités territoriales chargées des établissements scolaires, ainsi qu’un milliard d’euros pour la rénovation des universités d’ici à 2030. Les travaux devront être engagés dans les prochaines années et améliorer progressivement les conditions d’accueil et d’apprentissage. Cet investissement viendra s’ajouter aux 1,5 milliard d’euros déjà engagés.

Le gouvernement envisage également d’accompagner 500 lycées, sur les quelque 3 700 que compte la France, afin d’améliorer leur confort thermique avant l’été 2027, dans un contexte de hausses des températures. Pour financer cette rénovation, il va s’appuyer notamment sur les dispositifs de la Banque des Territoires et le Fonds vert.

La FFB appelle à simplifier les procédures administratives afin d’accélérer les chantiers

Au niveau universitaire, une première tranche de 200 millions d’euros doit être débloquée dès 2027 pour lancer les interventions sur des sites déjà identifiés. L’objectif est d’améliorer les bâtiments et les conditions d’accueil des étudiants. Mais on ne connait pas encore la répartition précise des sommes entre la rénovation des structures, l’amélioration énergétique et l’installation de nouveaux équipements.

Si la Fédération française du bâtiment (FFB) salue ce plan, elle appelle à simplifier les procédures administratives afin d’accélérer les chantiers. L’organisation souhaite notamment des autorisations d’urbanisme plus rapides, des règles de commande publique allégées et des délais de paiement raccourcis pour les entreprises.

La rénovation du bâti scolaire constitue un investissement de long terme, dans le contexte actuel

Pour sa part, l’association Régions de France n’est pas satisfaite des mesures annoncées. Elle estime que les prêts à taux bonifiés facilitent l’endettement sans apporter les ressources directes nécessaires à l’ampleur des travaux. Elle réclame davantage de moyens de l’État et une meilleure mobilisation des dispositifs de financement existants.

Les représentants des collectivités soulignent en outre que la rénovation du bâti scolaire constitue un investissement de long terme, accentué par les conséquences du changement climatique. Ils jugent essentiel que les établissements puissent résister aux épisodes de chaleur tout en offrant des conditions d’apprentissage satisfaisantes. Pour les régions, l’enjeu est donc de disposer rapidement des fonds nécessaires, plutôt que de dépendre uniquement de nouvelles possibilités d’emprunt.

Les lycéens et étudiants vont poursuivre leur mouvement, malgré les promesses de l’État

De leurs côtés, les lycéens et étudiants maintiennent la mobilisation, malgré les annonces du gouvernement. Ils regrettent une insuffisance du plan, en raison notamment de l’état des bâtiments et les capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur. Ils regrettent également l’absence d’engagement répondant pleinement à leur demande de remise en cause de Parcoursup.

Le gouvernement a annoncé que la plateforme connaîtra une première évolution dès 2027, notamment pour rendre les critères de sélection plus transparents et mieux expliquer les refus, avant d’être remplacée en 2028 par un nouveau système d’admission. Il a dévoilé d’autres mesures comme le plafonnement des classes de seconde à 28 élèves dans la moitié des lycées les moins favorisés dès la rentrée 2027, avant une généralisation prévue en 2028. Mais, visiblement, il devra améliorer sa copie pour sortir les élèves de la rue.