Sarkozy : sa thérapie de choc pour les présidentielles

Accords de compétitivité, hausse de la TVA, banque de l’industrie, logement : Nicolas Sarkozy était sur toutes les chaînes dimanche 29 janvier pour annoncer ses mesures-chocs. À trois mois du premier tour, le chef de l’État n’est pas officiellement en campagne, mais c’est tout comme.

En un peu plus d’une heure d’interview diffusée sur huit chaînes, le président a fait la démonstration d’un blitzkrieg médiatique pour annoncer ses mesures économiques. Certaines seront appliquées avant l’élection présidentielle. D’autre après l’élection présidentielle. L’interview de dimanche soir ressemble donc beaucoup à un programme. Si Nicolas Sarkozy n’est pas officiellement candidat, il n’a pas manqué d’indiquer qu’il ne se « déroberait pas » à son rendez-vous avec les Français.

La TVA passe à 21,2 %

L’annonce d’une TVA sociale est antérieure à dimanche soir. Il restait au gouvernement à donner des chiffres. Du côté des charges patronales, Nicolas Sarkozy a annoncé la suppression des cotisations familiales patronales pour les salaires compris entre 1,6 et 2,1 Smic, soit « 97 % des effectifs du secteur agricole, 82 % du secteur automobile et 66 % de l’industrie » a précisé le chef de l’État. Dans l’esprit du chef de l’État, cette mesure permettra de « garder les emplois en France » et de limiter la hausse des prix, un argument fortement critiqué par l’opposition. Pour compenser la perte de 13 milliards d’euros liée à la suppression d’une partie des charges patronales, la TVA passera de 19,6 % à 21,2 % et la CSG sur les revenus financiers sera marojée de deux points. Cette mesure entrera en application le 1er octobre, ce qui en fait une mesure de campagne.

Banque de l’industrie

Autre mesure pour relancer la croissance en dynamisant l’offre, une Banque de l’industrie sera active dès le 1er février avec une dotation d’un milliard d’euro. Filiale d’Oséo, l’actuelle banque des PME, ce dispositif permettra de compenser le fait que « les banques ne prêtent pas assez à l’industrie et quand elles prêtent, elles prêtent trop cher » comme l’a regretté Nicolas Sarkozy. Cette Banque de l’industrie investira « dans l’économie réelle et non pas financière » pour reprendre l’explication du président.

Accords d’entreprises pour alléger les 35 heures

Le président Sarkozy n’a pas caché sa conviction que des relations syndicales entre salariés et chefs d’entreprises sont plus efficaces. Il prône ainsi des accords compétitivité-emploi négociés dans chaque entreprise pour alléger éventuellement les 35 heures. « Ce sera aux salariés de décider de leur futur en matière de durée du travail, de niveau des salaires ou de l’emploi » a annoncé le Président de la République. Cette mesure permettra de « tourner la page des 35 heures ».

Emploi des jeunes

Visiblement très inspiré par la politique économique de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, Nicolas Sarkozy veut redorer les filières professionnelles. Partant du constat que la France compte trois fois moins de jeunes en apprentissage que l’Allemagne, le gouvernement développeront les contrats d’apprentissage dans les entreprises, et pas seulement dans l’industrie. « Dans certaines filières comme la métallurgie, l’industrie en général on a l’habitude de favoriser l’apprentissage, mais dans les services comme la banque ou l’assurance ce n’est pas développé » a reconnu Nicolas Sarkozy. D’ici 2015, le chef de l’État a fixé le principe que chaque entreprise de plus de 250 salariés compte 5 % de jeunes en alternance. En cas de non-application, les amendes déjà existantes seront doublées.

Logements

Le logement est indéniablement un axe fort de cette campagne présidentielle, car il touche à l’enjeu du pouvoir d’achat. Après que François Hollande ait proposé d’encadrer les loyers, le gouvernement réplique est proposera une loi permettant pendant trois ans d’augmenter de 30 % les possibilités de construction aussi bien pour les terrains que pour les immeubles. Pour le président, l’objectif du dispositif est double : soutenir le secteur du bâtiment. Le gouvernement table ainsi sur un double effet : dynamiser le BTP, un secteur qui n’est pas délocalisable, et augmenter le nombre de logements tout en permettant aux prix de l’immobilier de baisser aussi bien pour les acquisitions que pour les locations.

Taxation de la finance

« La finance s’est comportée de façon folle. Il est normal que les transactions financières participent au remboursement de la dette » a affirmé Nicolas Sarkozy. Le chef de l’État a donc confirmé dimanche soir une mesure déjà annoncée : une taxation de 0,1 % sur les transactions financières.  Les produits dérivés hautement spéculatifs, les achats spéculatifs déclenchés automatiquement et les actions cotées en Bourse seront concernés par cette taxation.

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