Laurence Danon (3/5) : le risque après la crise

laurence_danon_ekonomicoEntretien Ekonomico : cette semaine, Laurence Danon, ex-PDG du Printemps, présidente du directoire d’Edmond de Rothschild Corporate Finance, qui vient d’être nommée à la direction de la banque Leonardo & co., nous accompagne pour donner son éclairage sur les sujets économiques du moment.

Dans les années 2000, si les acteurs financiers osaient massivement prendre des risques, si les banques ont pu accorder aveuglément leur confiance en une croissance économique qui devait être la conséquence logique de ces prises de risques, le contexte actuel semble encourager au contraire, la méfiance. Le risque est aujourd’hui pensé comme une notion entrepreunariale centrale, et l’on consent aisément qu’il faille s’interroger plus que jamais sur la valeur que peut générer le risque avant de s’engager dans toute prise de décision. Faut-il alors continuer de prendre des risques, ou devrait-on désormais agir uniquement selon le principe de prudence ?

Laurence Danon, ex-présidente du groupe Printemps, actuelle présidente du directoire d’Edmond de Rothschild CF et qui vient d’être nommé à la direction de la banque d’affaires Leonardo & co, actrice majeure de la scène des acquisitions-fusions nationales et internationales, nous apporte un éclairage mesuré sur la question. Reconnaissant que le niveau de risques des banques doit être réduit et surveillé, elle insiste néanmoins sur le fait que le risque doit conserver une tonalité positive. Il faudrait donc continuer d’en prendre, continuer à oser l’innovation, non seulement pour ne pas freiner le recrutement, mais surtout pour ne pas empêcher la croissance économique. Sans risque, le progrès semble de fait impossible.

Mais si l’on veut que le risque soit rentable, il sera nécessaire de renforcer le rôle des instances de régulation. Si l’un des dangers auxquels l’économie actuelle nous confronte est bien le rejet total de la prise de risques, à l’inverse, l’autre trou noir dans lequel il ne faut pas s’engouffrer, c’est bien l’absence, ou la mauvaise gestion de l’anticipation.

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