Grèce : un premier sommet européen très tendu pour Tsipras

tsiprasAlexis Tsipras a commencé ce jeudi un sommet sous haute tension avec ses homologues européens, qu’il souhaitait rallier à son désir de se détaché du programme d’austérité imposé à son pays qui s’est terminé par un total désaccord avec la zone euro.
« Je suis sûr que tous ensemble nous pouvons trouver une solution viable pour soigner les blessures causées par l’austérité », a déclaré M. Tsipras à son arrivée au sommet européen, alors que le désaccord entre la Grèce et la zone euro dirigée par l’Allemagne ne semble pas s’arranger. « Nous sommes à un tournant crucial pour l’Europe », a-t-il expliqué.
« Le climat sera lourd, très lourd pour Tsipras », explique un diplomate européen au moment où le leader de gauche radicale devrait voir la chancelière allemande pour la première fois. « Aucun rendez-vous n’est fixé, mais nous répondons toujours aux invitations qui nous sont adressées », explique une source gouvernementale grecque.
« Nous commençons à être à bout de patience avec la Grèce », annoncent le premier ministre finlandais, Alex Stubb, un des leaders les plus intransigeants avec Athènes. Le pays « doit tenir ses engagements. Tout écart serait une forme d’injustice pour des pays comme l’Irlande, l’Espagne ou le Portugal », qui s’est démené contre des plans d’aide. La réunion de la zone euro s’est soldée par un « échec ». Les participants, dont Yanis Varoufakis, le ministre des Finances grec qui n’ont pas réussi à s’entendre sur le calendrier pour les jours à venir avant une autre réunion qui se déroulera lundi prochain. Aucun communiqué n’a été publié à ce sujet.
Un texte propose « des arrangements contractuels à la Grèce » si elle poursuit le programme d’aide en cours, d’après une source proche du dossier. Certains ministres, contents des avancés, dont l’Allemand Wolfagang Schäuble ont quitté la réunion en se contentant d’un accord de la Grèce qui n’a pas été conclu par M. Varoufakis suite à un coup de téléphone de M.Tsipras.
Les Européens souhaitent que la Grèce effectue une « demande d’extension » du programme d’aide en cours, qu’elle n’avait pas acceptée. Cette procédure a été mise en place afin de se débarrasser de la troïka et des mesures qu’elles impliquent. La décision doit être prise lundi prochain, vu que plusieurs parlements, dont l’Allemagne, doivent donner leur accord.
Jusque-là, l’optimisme n’est pas du côté grec. « La négociation se poursuivra jusqu’à lundi. Je suis optimiste sur la conclusion d’un accord vers lequel le gouvernement grec tourne, tous ses efforts » a expliqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis.
Certains membres de la zone euro souhaitent également faire croire à un résultat positif. Le chancelier autrichien s’est dit « persuadé que la Grèce a besoin d’une solution juste », alors que le premier ministre belge. Le libéral Charles Michel veut se fier à « la magie de l’Europe qui “a toujours été de trouver des solutions, même quand on les croyait impossibles». Les analystes estiment qu’un accord serait le scénario le plus probable, aussi bien pour la zone euro que pour la Grèce. « Tout le monde a intérêt à éviter un défaut grec, personne ne veut faire une croix sur les prêts qu’on leur a faits», explique un diplomate. « Les Grecs attendent jusqu’à la dernière minute parce que leur position de négociations s’améliore avec le temps. C’est comme une partie de poker», confirme Matthias Kullas, du Centre pour une politique européenne de Freiburg.
« Le contexte géopolitique milite également en faveur d’un compromis», confirme Christian Schulz, de la banque Berenberg. Athènes envisage de se tourner vers d’autres pays, dont la Chine ou la Russie, si elle n’arrive pas à trouver un accord avec l’UE.

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