Saint-Nazaire: Cargill investit 130 millions d’euros dans son usine
Cargill annonce un investissement de 130 millions d’euros sur son site historique de Saint-Nazaire pour décarboner sa production de graines de tournesol. Le groupe spécialisé dans le négoce va utiliser les coques des graines pour faire fonctionner sa future chaufferie biomasse. Il veut aussi enrichir en protéines ses tourteaux, utilisés dans l’alimentation animale.
Le géant agroalimentaire américain Cargill va investir 130 millions d’euros (150 millions de dollars) dans son usine de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique. Il s’agira d’améliorer la valorisation des protéines végétales et d’accélérer la décarbonation du site. Connu depuis au moins deux ans sous le nom de code « Cocorico », ce projet doit démarrer en novembre 2026 pour s’achever en mars 2029.
L’usine Cargill de Saint-Nazaire triture entre 550 000 et 600 000 tonnes de graines de tournesol
Financée en partie par France 2030, la modernisation du site de Saint-Nazaire permettra d’abord de passer d’une production de tourteaux à faible teneur en protéines à des tourteaux de tournesol à haute et très haute teneur en protéines. Il sera également question de réduire la dépendance aux importations. Chaque année, l’usine Cargill triture entre 550 000 et 600 000 tonnes de graines de tournesol pour en extraire 165 millions de litres d’huile environ. Les tourteaux servent à la nutrition animale. Quant aux coques, elles contiennent surtout des fibres et ne représentent aucun intérêt nutritionnel.
Les coques des graines serviront de combustibles dans la future chaufferie
Le projet « Cocorico » vise justement à séparer les coques des graines lors de la trituration pour pouvoir ensuite les utiliser comme combustibles dans sa future chaufferie de 19,7 MW. Vincent Chevreau, responsable du projet modernisation pour Cargill, assure que « le fait de les séparer pour en faire du combustible n’aura pas d’impact, au contraire : les tourteaux seront plus concentrés en protéines, ce qui intéresse nos clients ». La nouvelle chaudière biomasse permettra de réduire la consommation de gaz naturel du site de plus de 100 GWh par an et de diminuer ses émissions de CO2 d’environ 20 000 tonnes par an, soit une baisse de près de 90 %.
Construction d’une nouvelle unité de décorticage du tournesol
Cargill prévoit également de transformer les coques excédentaires en granulés de biomasse agricole destinés à des clients externes, notamment des réseaux de chaleur urbain. Outre la chaufferie, l’entreprise prévoit de construire un nouveau bâtiment, une unité de décorticage du tournesol. Le projet inclut par ailleurs la mise en place d’un convoyeur relié aux silos voisins du groupe de logistique Idea ainsi qu’un sécheur de graines fonctionnant avec des échangeurs air/vapeur. Ces équipements fonctionneront avec la vapeur générée par la chaudière biomasse.
Cargill a investi dans la modernisation d’autres sites en France
En modernisant ses capacités de transformation du tournesol à Saint-Nazaire, Cargill espère aussi offrir davantage d’opportunités pour les agriculteurs locaux et contribué à préserver la compétitivité de la France sur des marchés mondiaux de l’alimentation animale en pleine croissance. Pour le spécialiste du négoce, le nouvel investissement s’inscrit dans un cadre plus large de modernisation de ses usines en France. Il a déjà engagé 25 millions d’euros à Baupte (Manche), 50 millions à Saint-Cyr-en-Val (Loiret) et 61 millions dans la transformation progressive de son site d’Haubourdin (Nord).




