COP21 : un coup de maitre pour l’économie française

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Depuis le lundi 30 novembre plus de 140 chefs d’Etat et de Gouvernement se pressent au Bourget afin de participer aux négociations sur le climat. La COP21 nourrit tous les espoirs de voir une humanité plus respectueuse de l’environnement en accélérant la transition énergétique et en renonçant aux activités les plus polluantes. Ces derniers jours, le coût de la Conférence a fait couler beaucoup d’encre en raison du renforcement de la sécurité après les attentats du 13 novembre. Si la mobilisation de quelques 2 800 agents des forces de l’ordre supplémentaires n’est pas négligeable, il ressort d’ores et déjà que la COP21 aura un impact très positif sur l’économie.

Les grandes messes internationales n’ont plus vraiment la cote depuis plusieurs années. Principale raison : leur coût en des temps difficile pour toutes les économies du monde. Si le prestige à retirer de l’organisation d’un événement planétaire comme les Jeux Olympiques ou la Coupe du monde de football est évident, l’impact économique est âprement discuté à chaque occasion, que dire alors de l’organisation d’un rendez-vous hautement politique comme un G20 ou d’une Conférences des Parties (COP) ? Etonnement, la COP21 tire son épingle du jeu avec un nombre de participants d’environ 50 000 personnes. Des individus qui se logent, se restaurent et consomment en Ile-de-France pendant plus de quinze jours.

COP 21 : un coût limité

L’organisation de la COP21 et l’accueil des délégations étrangères constituent un coût de 186,9 millions d’euros qui sortent des poches déjà bien peu fournies de l’Etat. Le dernier budget voté par le Sénat en ce sens n’est pas anodin et fait dire aux plus (climato)sceptiques que des dépenses aussi somptuaires sont bien superflues au regard des résultats à attendre de la Conférence. Rien que la location du Parc des expositions coûte 13,2 millions d’euros. L’aménagement des espaces « Villages de la conférence », qui accueillent les délégations, les médias et la société civile constitue 51 millions d’euros de dépenses. Le reste – c’est-à-dire plus de la moitié – étant consacré au fonctionnement du site (communication, aménagements, réseaux divers). La machinerie est impressionnante et a été mise en branle depuis plusieurs mois. La principale salle réunissant les participants comprend 2 000 places où sont présents les chefs d’Etat et de Gouvernement, leur délégation et une myriade de traducteurs. En théorie, 20 % des coûts doivent être financés par des mécènes privés, mais pour le moment les sponsors officiels n’ont réuni « que » 16 millions d’euros en lieu et place de la trentaine initialement prévu.

Pourtant, les organisateurs et l’Etat en premier lieu peuvent savourer les efforts consentis pour organiser un tel événement. Malgré la hausse du système de sécurité après les attentats à Paris et à Saint-Denis du 13 novembre, les finances seront dans le vert. La mobilisation de 2 800 gardiens de la paix supplémentaires pour protéger le site n’aura pas d’incidence réelle sur le budget final. Même la gratuité des transports en commun en Ile-de-France décidée pour les dimanche 29 et lundi 30 novembre dont le coût est estimé à 10 millions d’euros ne suffit pas à mettre à mal la bonne machine économique. Selon les organisateurs, la COP21 rapportera 100 millions à la région Ile-de-France. Le député socialiste Pascal Terrasse qui a travaillé minutieusement sur la question du financement de la COP21 estime que les recettes à attendre s’élèvent à 314 millions d’euros. In fine, le député résume l’opération globale à : « l’investissement d’un euro d’argent public dans l’organisation de la conférence génère ainsi 2,8 euros de chiffre d’affaires, nets de taxes et de prélèvements sociaux, pour les entreprises ».

Le Sommet des élus locaux à Paris : preuve du succès de la COP

Une très bonne affaire pour l’Etat, la région et la mairie de Paris sans rentrer dans le détail des hôtels et commerçants qui profitent de cet afflux inhabituel de personnes à cette époque de l’année. La Mairie de Paris n’est d’ailleurs pas en reste puisqu’elle a notamment organisé le 2 décembre le sommet des élus locaux pour le climat. Les villes étant en première ligne dans la lutte contre le réchauffement climatique, la municipalité parisienne a eu l’idée d’organiser cet événement réunissant les édiles des plus grandes villes du monde. Là encore l’organisation a été parfaite avec une scénographie et un accompagnement de contenu signé par la société Richard Attias & Associates basée à Paris et New York. Deux villes symboles dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La COP21 est donc d’ores et déjà un succès sur le plan économique. Reste désormais à ce que cette débauche d’énergie parvienne à des résultats concrets qui permettront un ralentissement de la hausse du thermomètre. L’objectif des 2°C est dans tous les esprits, et seule une mobilisation de tous et en premier lieu des pays les plus pollueurs permettra d’affirmer que la COP21 est une réussite. Pour la France et surtout pour l’humanité.

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