Consommation électrique : de bons gestes et de bonnes nouvelles pour passer l’hiver au chaud

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Alors que, début décembre, le ministère de l’Environnement lançait une campagne d’information sur les bons gestes à adopter pour réduire sa consommation d’électricité, l’ASN vient d’autoriser EDF à redémarrer sept de ses réacteurs nucléaires à l’arrêt. Si les Français devraient finalement passer l’hiver au chaud, cette campagne de sensibilisation n’en garde pas moins toute son utilité à l’heure de la transition énergétique.

A force d’en parler, l’hiver a fini par arriver. Sur les fenêtres du calendrier comme à l’extérieur. Depuis quelques semaines, cependant, les températures commençaient à dégringoler et une vague de froid s’annonçait tout doucement. L’occasion pour le ministère de l’Environnement, de sensibiliser les Français sur les bonnes pratiques à suivre pour économiser de l’électricité. Bonnes pratiques qui ne se résument pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser, à moduler le thermostat du chauffage, selon que l’on se trouve dans ou à l’extérieur de son habitat.

Messagerie électronique

Début décembre, Ségolène Royal a donc lancé, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME), Réseau de transport d’électricité (RTE) et Enedis (ex-ERDF), une campagne d’information sur les bons gestes à adopter pour réduire sa consommation d’électricité, particulièrement en période de froid. Certains de ces gestes, comme éteindre les appareils électroniques plutôt que de les laisser en veille, se munir d’une multiprise à interrupteur pour éteindre les veilles inutiles, sont bien connus et parfois même passés dans les moeurs. D’autres en revanche, méritent un effort pédagogique plus important. C’est le cas, par exemple, du remplacement des vieilles ampoules par des lampes LED ou basse consommation, mais également du dégivrage des réfrigérateurs et congélateurs. Cela peut sembler anodin mais la consommation de ce genre d’appareils peut augmenter de plus de 30 % à partir de quelques millimètres de givre.

Plus étonnant encore : vider régulièrement sa messagerie électronique et limiter l’envoi de pièces jointes sont des gestes qui participent grandement de la rationalisation des consommations énergétiques. Si l’on a coutume de désigner par le terme « dématérialisé » tout ce qui se passe sur Internet, le fait de visiter des pages Web ou d’envoyer des mails n’est pas neutre pour la planète. La logique derrière tout ça ? Avec la multiplication des données, les espaces de stockage – les data centers – doivent être toujours plus nombreux et performants, ce qui nécessite une quantité d’énergie toujours plus importante. « On estime qu’un data center moyen consomme autour de quatre mégawatts par heure, ce qui équivaut environ à la consommation de 3 000 foyers américains » affirment Fabrice Flipo et Michelle Dobré, auteurs de l’ouvrage « La face cachée du numérique ».

En définitive, rien de très nouveau dans la campagne du ministère de l’Environnement ; les gestes à adopter sont aussi anciens que connus. Mais sont-ils effectués ?

Pour le chauffage par exemple, qui reste le principal poste de consommation en période de froid (65% des dépenses d’énergie), les Français ont-ils conscience qu’une baisse de la température de leurs logements de 1°C équivaut à une économie de 7% d’électricité.

EDF, qui participe indirectement à la campagne ministérielle, propose également, de son côté, des astuces quotidiennes et rappelle à ce titre que l’entretien annuel des chaudières des particuliers – obligatoire au demeurant – permet non seulement une durée de vie supérieure des appareils mais surtout un gain énergétique de 12 %.

Disponibilité du nucléaire à 90 %

Véritable sujet à marronniers journalistiques – à chaque retour de l’hiver, les papiers sur les bons gestes à adopter en cas de froid fleurissent sur la Toile –, cette campagne s’inscrit pourtant dans un contexte bien particulier cette année. Il y a quelques semaines encore, RTE s’inquiétait du passage de l’hiver en raison de l’indisponibilité de certains réacteurs nucléaires. L’atome représentant 75 % de notre consommation d’électricité, il y avait de quoi avoir quelques suées chaudes. En octobre dernier, un tiers du parc nucléaire était effectivement à l’arrêt, après que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait demandé à EDF de procéder au contrôle de la résistance des générateurs de vapeur (GV) de cinq réacteurs supplémentaires. L’électricien français et son fournisseur, Areva – dont l’activité réacteurs vient de passer sous le giron d’EDF –, avaient constaté des « ségrégations » excessives de carbone, susceptibles de fragiliser l’acier des générateurs.

De l’histoire ancienne, ou presque. Le gendarme du nucléaire français vient en effet d’autoriser la remise en activité de sept réacteurs à l’arrêt, qui devraient donc de nouveau produire de l’électricité d’ici la fin du mois. « Nous sommes en situation de confirmer les dates de retour des sept tranches […], elles seront rentrées pour fin décembre » a indiqué Dominique Minière, directeur exécutif chargé du parc nucléaire et thermique d’EDF. L’électricien a d’ailleurs pu redémarrer le premier d’entre eux mardi dernier, à Dampierre (Jura), et le faire tourner à plein régime (745 mégawatts sur 890). Deux autres réacteurs, ceux de Gravelines (Nord) et de Tricastin (Rhône), devraient également repartir très prochainement – le 23 décembre selon EDF.

« Cela doit nous amener au mois de janvier sur une disponibilité de nos moyens de production que nous estimons à 90 % », soit « en moyenne cinq à six réacteurs à l’arrêt » a affirmé de son côté Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire en exploitation d’EDF. « C’est ce que l’on vise chaque hiver lorsqu’on arrive dans la période froide » a-t-il poursuivi. C’est évidemment à cette époque de l’année que la consommation électrique, en France, est la plus importante, en raison du chauffage notamment. Gageons que la campagne ministérielle parviendra à sensibiliser un grand nombre de Français sur ce point.

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