L’écoute, clé du bien-être en entreprise pendant la crise

Avec la crise sanitaire, les entreprises se sont adaptées à une nouvelle situation. L’organisation traditionnelle du travail a évolué, entrainant des bouleversements pour les salariés. L’essor du télétravail a pu renforcer le sentiment d’isolement chez certains collaborateurs. Dans ce contexte d’incertitude et de distanciation, la préservation du lien social et du bien-être des salariés est un défi quotidien. Pour le relever, les entreprises misent sur un renforcement des dispositifs d’écoute auprès de leurs salariés.

Le bien-être en entreprise à l’épreuve du covid-19

La prise en compte de la notion de bien-être en entreprise est un sujet phare des politiques RH. Depuis plusieurs années, de nombreux outils ont permis aux entreprises de mettre en place des conditions de travail attractives : adaptation des rythmes de travail, activités de formation et de cohésion… La crise sanitaire est venue réinterroger cette dimension : comment préserver le bien-être en entreprise quand les collaborateurs travaillent à distance ? À contexte inédit, réponses inédites : Roche Diabetes Care France propose par exemple à ses équipes des cours de fitness en ligne ou de la méditation, pour encourager les salariés à s’accorder du temps. « Le bien-être des collaborateurs a toujours été une préoccupation majeure. C’est devenu plus probant pendant la crise sanitaire », commente Pierre-Olivier Martin, DRH du groupe. Chez Heineken France, les salariés en télétravail reçoivent tous les lundis des conseils et astuces pour maintenir une bonne hygiène de vie.

Quelle que soit la formule choisie par les employeurs, l’écoute est centrale dans les initiatives déployées. D’abord pour recueillir la perception qu’ils ont de leurs conditions de travail et pour maintenir le lien social.

L’essor des cellules d’écoute psychologique

Au plus fort de la crise, des cellules de soutien psychologique ont vu le jour. Le groupe de services de propreté Puissance 5 a par exemple mis en place une cellule d’écoute et d’accompagnement pour permettre aux salariés de faire part de leurs doutes et inquiétudes. La cellule était composée de trois services : un service de santé au travail, un accompagnement assuré par des assistances sociales, joignables 7j/7, et une cellule d’écoute et de soutien psychologique animée par des psychologues joignable 7j/7 également. Pour Patrice Ramnout, président du groupe, l’écoute s’inscrit avant tout dans le cadre d’une stratégie préventive, permettant d’anticiper les risques notamment sanitaires qui peuvent peser sur les salariés.

Pour Xavier Decaestecker, DRH de Restalliance, une société de restauration collective, qui propose aussi à ses salariés une cellule d’écoute, l’enjeu est aussi de se préparer à une éventuelle nouvelle crise. Même démarche pour Monoprix : « nous avons mis à leur disposition un soutien psychologique et anonyme 24h/24 et 7j/7 », témoigne Sandra Hazelard, directrice des ressources humaines, de la communication et de la RSE. Avec « mon conseiller social en ligne », un pôle d’assistants sociaux aide concrètement les salariés de l’enseigne qui rencontrent des difficultés familiales, sanitaires, ou professionnelles.

Pour Thomas Cornet et Samuel Dewavrin, fondateurs de Wittyfit, plateforme d’écoute en ligne, de tels dispositifs permettent aux entreprises de mesurer « les trois piliers de la qualité de vie au travail : le bien-être physique, psychologique et au travail ». Trois éléments mis à l’épreuve durant la crise.

Les entreprises n’ont cependant pas attendu la Covid-19 pour développer des dispositifs d’écoute auprès des collaborateurs. En témoigne le développement des baromètres sociaux depuis plusieurs années, qui participent pleinement à l’amélioration du climat social dans l’entreprise. EDF mène à ce titre depuis 9 ans une enquête annuelle, intitulée « MyEDF Group », à destination de ses salariés en France et à l’international. Cette année, 78% des salariés ont répondu à cette enquête, ce qui représente près de 115 000 réponses. La politique sociale de l’électricien a récemment été saluée par Le Point, qui lui a attribué la meilleure note « sociale » de son palmarès RSE.

L’écoute comme levier d’engagement  

Pour Douglas Rosane, Director EX Solution Strategy chez Qualtrics et spécialiste des enquêtes de satisfaction des salariés, la période que nous vivons actuellement est plus que jamais propice à l’écoute des salariés. C’est la raison pour laquelle EDF a renforcé ses baromètres internes, pour s’intéresser à la façon dont les salariés perçoivent la crise et à leurs attentes, en complément de son enquête annuelle.

« Depuis le début de la crise sanitaire, plus que jamais, une attention particulière est portée à l’écoute de chaque salarié en prenant en compte la situation personnelle et professionnelle de chacun. Nous avons complété notre baromètre annuel MyEDF Group pour mesurer l’impact de la crise sanitaire, dans une logique identique aux enquêtes régulières menées depuis avril 2020 en France. Ces dernières montrent que les salariés ont massivement apprécié la manière dont l’entreprise a géré la crise sanitaire en maintenant un équilibre entre la préservation de leur santé et la nécessaire continuité de service,  et l’accompagnement qu’ils ont eu par le management et la filière RH », souligne Christophe Carval, DRH d’EDF.

Une écoute active qui constitue aussi une opportunité d’accroître l’engagement et la performance en entreprise. A condition que des enseignements soit tirés des feedback des employés, comme le souligne Douglas Rosane : « Notre dernière étude et le premier confinement ont montré que l’impact de l’écoute et de l’action qui en suit demeure primordial pour renforcer l’engagement. Pour ceux qui ne l’ont pas fait en 2020, cette nouvelle année représente une seconde chance pour replacer l’expérience collaborateur, mais aussi les salariés eux-mêmes, au cœur de leurs préoccupations ».

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