Pologne : Thales et Airbus vont lancer un satellite militaire
Airbus et Thales ont signé lundi, avec le polonais Radmor, un accord industriel pour développer un satellite militaire destiné aux forces armées polonaises. L’accord a été officialisé à Gdańsk, en marge d’un déplacement du président français Emmanuel Macron. Il intervient dans un contexte de renforcement des investissements militaires de Varsovie, qui creuse lourdement son déficit pour financer ses dépenses sécuritaires.
Les géants européens Thales et Airbus Defence ainsi que le polonais Radmor ont annoncé, le lundi 20 avril, la signature d’un accord pour le développement d’un satellite de télécommunications militaires destiné aux forces armées polonaises. L’annonce a été faite en présence des ministres de la Défense française Catherine Vautrin et polonais Wladyslaw Kosiniak-Kamysz. C’était en marge d’un déplacement du président Emmanuel Macron à Gdańsk, dans le cadre des célébrations de la journée de la fraternité franco-polonaise.
La Pologne répond à la militarisation croissante de l’espace
Inscrit dans le cadre du plan européen « Readiness 2030 », ce satellite géostationnaire doit fournir aux forces polonaises des communications sécurisées, résilientes et protégées contre les cyberattaques et les brouillages. Pour garantir sa résistance aux tentatives de perturbation et de destruction, Airbus et Thales comptent protéger chaque maillon de la chaîne, aussi bien dans l’orbite où l’équipement évoluera que dans les installations au sol qui en assure le contrôle. Varsovie et Paris jugent cette infrastructure indispensable dans un contexte de retour des conflits de haute intensité et de militarisation croissante de l’espace.
Face à la menace russe, la Pologne dépense sans compter dans la modernisation de ses forces armées
Ce satellite militaire constitue un nouvel investissement majeur de la Pologne dans le secteur de la défense. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2024, le pays dépense sans compter dans la modernisation de ses forces armées et de son industrie de défense pour parer à une menace éventuelle de la part de Moscou. Pour 2026, Varsovie prévoit des dépenses militaires d’environ 45 milliards d’euros, soit 4,8 % de son PIB. C’est le taux le plus élevé parmi les pays membres de l’OTAN. La Pologne bénéficie aussi d’un prêt de 43,7 milliards d’euros du programme européen SAFE, pour faire de nouvelles acquisitions.
Un creusement du déficit et de la dette
La Pologne veut notamment acheter des systèmes de défense antiaérienne, antimissiles et antidrones. Elle envisage aussi d’acquérir des systèmes de combat terrestre et d’appui, de renforcer la production et l’achat de munitions et de missiles, de déployer des capacités de transport aérien stratégique et spatiales, ainsi que de se doter de nouvelles technologies militaires.
Il y a quelques mois, le pays a passé des commandes pharaoniques de F35, d’hélicoptères d’attaque Apache, de missiles Patriot et de chars Abrams américains. Bien sûr, toutes ces acquisitions ont un coût. Elles creusent le déficit national, prévu à 6,5 % du PIB. C’est le deuxième plus haut de l’UE après la Roumanie. Selon les analystes, la dette devrait atteindre les 60 % du PIB cette année. Une perspective qui provoque des tensions entre le gouvernement pro-européen du Premier ministre Donald Tusk et les opposants nationalistes du président Karol Nawrocki.




