Blocus du détroit d’Ormuz : Donald Trump parviendra-t-il à faire plier l’Iran ?

Blocus du détroit d’Ormuz : Donald Trump parviendra-t-il à faire plier l’Iran ?

Comme au Venezuela fin 2025, les Etats-Unis ont imposé un blocus en aval du détroit d’Ormuz. Objectif : étouffer l’économie de l’Iran et pousser le pays à faire de douloureuses concessions, notamment sur son programme nucléaire. Avant le début du conflit, 90% des exportations iraniennes de pétrole transitaient par ce canal. Téhéran a donc le dos au mur.

Si Donald Trump a accepté une trêve avec l’Iran le 17 avril dernier, les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran sont toujours aussi vives. Alors que les négociations au Pakistan patinent, les deux parties tentent toujours de contrôler le détroit d’Ormuz. Les Américains ont pris possession de ce canal par lequel transite 20% de l’offre d’hydrocarbures mondiale, mais seulement en aval. Ainsi, personne ne peut en sortir sans l’accord de la marine US.

90% des exportations de pétrole iranien passe par le détroit d’Ormuz

Ce blocus américain vise à asphyxier économiquement l’Iran pour le contraindre à accepter les conditions de paix des Etats-Unis. Depuis son instauration, les navires iraniens ont du mal à passer le détroit d’Ormuz, où transitent pourtant 90% des exportations de pétrole de la République islamique. Incapable d’ouvrir par la force le canal, Téhéran cherche d’autres moyens temporaires, comme l’expédition de son brut par voie terrestre vers la Chine et la réhabilitation d’anciens sites de stockage. Cette dernière alternative risque de ne pas tenir longtemps car, à force de stocker, les capacités de stockage atteindront leur limite. Aussi, mettre à l’arrêt certains puits de pétrole serait hautement périlleux pour l’économie du pays.

Il ne reste que quelques jours avant que l’Iran explose selon Donald Trump

Conscient de l’impact de son blocus, Donald Trump joue la montre, comme un crocodile qui attend que sa proie s’épuise et tombe de sa branche pour la récupérer dans les eaux. Dans un entretien avec Fox News, le président américain a laissé entendre le weekend dernier que sa stratégie d’étouffement pourrait produire les résultats que les armes n’ont pas pu apporter. « Quand d’énormes quantités de pétrole circulent dans votre réseau, et si, pour une raison quelconque, cette conduite est fermée parce qu’il est impossible d’acheminer le pétrole dans des conteneurs ou des navires, alors la conduite finit par exploser de l’intérieur. Ils disent qu’il ne reste qu’environ trois jours avant que cela ne se produise. », a-t-il déclaré.

L’Iran a proposé aux États-Unis un accord centré uniquement sur le déblocage du canal

Si l’Iran avait un temps annoncé un péage en amont du détroit, à payer en rial iranien, il n’en a visiblement pas les moyens malgré ses drones et ses corvettes. La marine américaine est plus puissante et peut prendre le contrôle de tout le détroit d’Ormuz, même miné. Selon des sources citées par Axios, la République islamique a proposé aux États-Unis un accord centré uniquement sur le déblocage du canal, preuve qu’elle ressent les effets de ce blocus. Or Donald Trump a annoncé que le dispositif pourrait encore durer plusieurs mois. De quoi faire plier l’Iran ou le pousser à la reprise de la guerre ? Les esprits s’échauffent déjà à Téhéran.

Donald Trump doit dorénavant obtenir l’accord du Congrès pour poursuivre la guerre

« Si les forces armées américaines poursuivent leur blocus et persistent dans leurs actes de banditisme et de piraterie dans la région, elles doivent savoir qu’elles s’exposent à une riposte des puissantes forces armées iraniennes », a averti samedi un commandant iranien à la télévision d’Etat. Cette déclaration menaçante n’a pas fait ciller Donald Trump, sûr de son fait. Pour parler comme au judo, il maintient sa prise ferme espérant forcer l’adversaire à taper le sol pour mettre fin au combat.

Sauf que l’Iran pourrait choisir, dans un geste de désespoir, d’appliquer la méthode de la terre brûlée : mettre le feu à tout le Golfe pour que tout le monde sorte perdant. Quant au président américain, il devrait dorénavant obtenir l’accord du Congrès pour relancer la guerre car la limite des 60 jours a expiré ce vendredi. A moins que Washington ne décide de passer outre….