Stratégies tarifaires des musées les plus populaires du monde

Une infographie issue du journal The Economist présente un tableau des 15 musées et galeries les plus visités au monde, en comparant les affluences de 2012 et de 2013, tout en indiquant le prix d’entrée. Un tableau qui interroge quant à la diversité sous-jacente des politiques tarifaires menées dans ces différents musées.

La tendance au prix unique

Le prix d’entrée du Louvre est bien à 12 euros pour le premier prix, le billet à 16 euros rajoutant les expositions temporaires du hall Napoléon. Le Louvre a d’ailleurs revu sa stratégie historique : la gratuité le premier dimanche de chaque mois entre avril et septembre. L’institution explique cette réforme par le fait que 40% de ses visiteurs auraient pu visiter gratuitement le musée en 2013 par ce biais. L’accès reste cependant gratuit pour les moins de 18 ans (25 ans pour les ressortissants de pays membres de l’espace économique européen). De plus, les nocturnes du vendredi accordent la gratuité aux moins de 26 ans dès 18h. Il y a donc de moins en moins de gratuité ponctuelle au Louvre. Le célèbre musée semble plutôt se diriger vers une stratégie de billet à prix unique, qu’il y ait ou non d’exposition temporaire, en conservant la gratuité pour les jeunes. Ce choix est imité par certains musées américains, avec un prix qui suit une tendance à la hausse, dépassant les prix pratiqués en France. Par exemple, le MoMa (Museum of Modern Art) à New-York fait payer son entrée à 18.40 euros en 2013.

Des musées gratuits et des expositions chères

Inversement, en Angleterre, au British Museum, l’entrée est gratuite pour la collection permanente et partout pour les moins de 16 ans. En parallèle, les expositions temporaires peuvent être très chères d’accès. Par exemple, l’accès à l’exposition sur les Vikings, de mars à juin 2014, coûte 19.90 euros. Cette tendance à l’accès libre et aux expositions temporaires payantes se confirment avec les autres musées anglais comme la National Gallery, ou encore avec les musées américains comme le National Museum of Natural History.

Des stratégies mixtes

La Tate Modern (Grande-Bretagne) est gratuit toute l’année pour les expositions permanentes. Cela étant, pour les expositions temporaires, le musée propose un prix unique mais en conjuguant cette offre avec une incitation au don. Par exemple, pour l’exposition Richard Hamilton, le plein tarif s’élève à 17.45 euros alors qu’il est possible de ne payer que 15.75 euros si on précise qu’on ne désire pas faire de don. Il y a donc une inversion par rapport aux autres musées britanniques : au Tate Modern il faut préciser si on ne veut pas faire de dons ! De plus, les réservations par Internet et par téléphone, obligatoires pour les expositions connues afin d’éviter plusieurs heures de queue, coûtent respectivement 2.10 et 2.40 euros. Un manque de visibilité qui peut agacer certains clients mais qui constitue une stratégie tarifaire.

Une stratégie politique

Le musée national de Chine a opté pour une stratégie qui fait sens au vu du contexte : la gratuité. Le tourisme étant en pleine explosion en Chine, le pays veut favoriser cette activité par une logique d’accès gratuit aux musées. L’Empire du milieu s’en trouve de toute façon gagnant car le tourisme, en plus d’être une activité particulièrement lucrative pour le pays, permet d’améliorer l’image de la Chine à l’étranger. L’État communiste se sert donc des musées pour mettre en lumière l’émergence du pays sur la scène internationale. Il s’agit aussi d’une manière d’affirmer la légitimité de la Chine comme grande puissance mondiale au travers sa civilisation millénaire.

 

Cependant, le journal britannique rappelle que les parcs d’attractions Disney ont accueilli 133 millions de touristes en 2013, ce qui fait dire au journaliste que Mickey a plus la côte que Michel Ange. Ainsi, pour chaque visiteur du Louvre, plus de 10 ont été dans un parc d’attraction Disney. Ce chiffre ne peut qu’inciter les musées à se réinventer pour attirer plus de visiteurs, comme l’illustrent les applications permettant de rendre les visites plus interactives. Ainsi, le remodelage des modèles économiques et de l’offre des musées est déjà en marche. Mais à quel prix ?

 

Crédits photo : Musée du Louvre, The Economist

Thomas Perard

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