Le télétravail : un moteur de bien-être en entreprise ?

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L’essor du travail à distance dans le secteur tertiaire ne se dément pas. À l’heure où les questions du temps de transport et de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle sont de plus en plus cruciales, le télétravail remporte l’adhésion de nombre de salariés. Mieux encadré par la loi, plébiscité par certains grands groupes, le home-office et ses dérivés semble être une solution d’avenir.

Un mode de travail qui tend à se généraliser

Les chiffres sont éloquents, et ne font qu’augmenter : en 2018, 29 % des salariés en France auraient pratiqué le télétravail, contre 25 % un an plus tôt, selon une étude de l’Ifop pour Malakoff Médéric-Humanis. D’après les statistiques publiées, cela représente 700 000 salariés supplémentaires ; au total, plus de 5 millions de personnes sont concernées par ce nouveau mode de travail. Et, comme toujours, les résultats humains sont parfaitement concluants : 77 % des télétravailleurs se disent satisfaits de cette possibilité de travail à distance, voire à domicile, 4 dirigeants sur 5 et 9 salariés sur 10 reconnaissent une plus grande efficacité dans l’accomplissement de leurs missions.

En moyenne, les télétravailleurs passent 7 jours ouvrables à travailler hors de leur lieu de travail habituel. Pour 92 % d’entre eux, ils effectuent leurs tâches à leur domicile ; un cinquième utilise également un espace partagé, et un tiers un bureau satellite de leur lieu de travail principal, ce qui prouve qu’ils sont nombreux à cumuler les solutions. Côté catégorie sociologie-professionnelle, la majorité des salariés ayant recours au télétravail est cadre, la plupart d’entre eux sont en CDI et 45 % des adeptes de cette organisation ont entre 35 et 49 ans. Un tiers sont franciliens, ce qui a pour corollaire l’un des principaux avantages pointés par l’étude : les télétravailleurs reconnaissent comme première raison valable de travailler à distance la facilité à réduire ou supprimer les trajets entre domicile et lieu de travail.

Un environnement légal favorable

Le phénomène est sociétal : l’essor du télétravail correspond aussi à la place prépondérante que tient désormais la qualité de vie au travail dans le discours comme les pratiques des managers et des dirigeants. Facilité par l’amélioration permanente des technologies de l’information et de la communication, ce mode d’activité a également été intégré au cadre législatif du travail. L’une des ordonnances Macron, votée en fin d’année 2017, porte notamment sur un assouplissement des règles permettant son exécution. La loi protège plus particulièrement le salarié : le télétravailleur doit être volontaire, a les mêmes droits que le salarié sur site en matière d’avantages en nature, de congés payés, d’horaire hebdomadaire et de protection sociale. Le droit au home-office peut être négocié par un accord collectif ou une charte, ou de manière individuelle. Il n’est cependant pas obligatoire pour un manager de répondre favorablement à une demande d’un collaborateur souhaitant travailler de chez lui ; en revanche, tout refus de sa part doit être motivé.

Le télétravail et ses vertus

S’il se répand de plus en plus grâce à d’indéniables qualités pour les salariés et une efficacité accrue par la souplesse juridique du dispositif, le télétravail est plus largement répandu au sein des grandes entreprises ; la moitié des télétravailleurs sont employés au sein de sociétés de plus de 1000 salariés. De grandes structures ont ainsi adapté leur organisation à la nécessité de s’accorder avec ce mode de vie professionnelle plein de promesses.

Euler Hermes a ainsi fait du home-office un projet international. Ce faisant, le groupe d’assurance-crédit a profondément modifié ses plateformes techniques, avec un effet vertueux « pour la performance globale des systèmes d’information en accès distant », d’après Florence Lecoutre, DRH Groupe chez Euler Hermes. Cela a également abouti à une réflexion d’ensemble sur la posture managériale, le télétravail ayant nécessité de « poser des mots sur notre organisation du travail pour modifier la façon de gérer les équipes et passer d’un management du temps de travail à un management de la performance, avec des objectifs précis. ». Chez EDF, au bien-être et à la performance des salariés s’ajoutent une problématique environnementale : « Nous voulons être un électricien bas carbone. Soyons aussi un employeur bas carbone. Dans ce sens, le télétravail, en limitant chaque semaine les transports aux heures de pointe, a un impact environnemental positif », explique Jean-Baptiste Obeniche, de la Direction Santé Sécurité et Performance au Travail à la DRH Groupe de l’entreprise énergétique. Avec plus d’un quart de télétravailleurs parmi les 24 000 salariés éligibles, ce sont 10 % des collaborateurs en home-office une partie de leur temps et 99 % de télétravailleurs satisfaits. Le travail à distance est effectivement largement plébiscité dans cette société.
Tout comme à la Société Générale, qui compte aujourd’hui près d’une dizaine de milliers de télétravailleurs en France. « En 2016, nous avons signé un accord unanime, à durée indéterminée, qui fixe un cadre et pérennise ce mode d’organisation. Les collaborateurs éligibles peuvent télétravailler jusqu’à deux jours par semaine et ont la possibilité de reporter ou d’anticiper un jour dans un délai de 10 jours, avec l’accord de leur manager », détaille Marie Langlade-Demoyen, directrice de la responsabilité sociale au travail de la banque.

Plébiscité par les collaborateurs, de mieux en mieux encadré par la loi, intégré par les managers, valorisé par les collectivités et responsable d’un point de vue environnemental, le télétravail a donc plus d’un atout pour continuer de croître.

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