OCDE : la pression fiscale sur les salaires au plus haut depuis 10 ans

OCDE : la pression fiscale sur les salaires au plus haut depuis 10 ans

En 2025, la pression fiscale sur les salaires dans les pays de l’OCDE a atteint son plus haut niveau depuis dix ans. Le Royaume-Uni a enregistré la hausse la plus spectaculaire, tandis que la Belgique (52,5%) et l’Allemagne (49,3%) occupent les deux premières places au niveau du taux global. La France arrive en troisième position, avec une pression fiscale sur les salaires atteignant les 47,2%. Cette hausse continue de la fiscalité sur le travail risque de fragiliser le marché de l’emploi.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un forum international regroupant 38 pays partageant des valeurs démocratiques et d’économie de marché, a dressé un panorama de la fiscalité sur les salaires à travers le monde en 2025. Selon ce document intitulé « Les impôts sur les salaires 2026 », les salaires réels ont progressé dans la majorité des pays l’année dernière (dans 35 des 38 pays) par rapport à 2024. Aussi, le revenu réel après impôts d’un travailleur célibataire au salaire moyen est en hausse dans 28 Etats.

Un célibataire sans enfant rémunéré au salaire moyen supportait un « coin fiscal » plus élevé

Toutefois, les impôts sur les salaires ont aussi atteint leur niveau le plus élevé depuis près de dix ans (depuis 2016). En 2025, un célibataire sans enfant rémunéré au salaire moyen supportait un « coin fiscal » moyen de 35,1% dans les 38 pays de l’OCDE, contre 34,9 % en 2024. Ce taux d’imposition a progressé dans 24 pays par rapport à l’année précédente, diminué dans 11 et est resté stable dans trois. Le « coin fiscal » correspond globalement à la somme des impôts sur le revenu et des cotisations sociales (patronales et salariales).

Augmentation des cotisations patronales de sécurité sociale dans la plupart des pays

Les pays pris individuellement, le Royaume-Uni a connu la plus forte hausse du « coin fiscal » pour un salarié célibataire type. Il a enregistré un bond de 2,45 points par rapport à l’année précédente pour atteindre 32,4% du coût du travail.

Cette progression s’explique par l’augmentation des cotisations patronales de sécurité sociale et l’absence d’indexation automatique qui fait mécaniquement grimper les taux effectifs d’imposition. Elle a fait basculer les salariés vers des tranches d’imposition plus élevées, sans gain réel de pouvoir d’achat. En 2025, la Belgique reste toutefois la championne incontestée de la pression fiscale sur le travail. Celle-ci s’y élevait à 52,5% pour une personne seule sans enfant.

La pression fiscale sur les salaires a régulièrement baissé en France depuis 10 ans

Chez nos voisins belges, le coin fiscal d’un couple avec deux enfants disposant d’un seul salaire moyen était de 36,9% en 2025, contre 26,2% pour l’ensemble de l’OCDE. Pour un couple marié avec enfants et deux salaires moyens, le coin fiscal atteignait 32% (+ 0,22 point). Pour revenir à la pression fiscale sur le travail en général, l’Allemagne arrive en deuxième position derrière la Belgique avec un taux d’imposition de 49,3%.

La France vient en troisième position. Si cette pression fiscale a globalement baissé depuis 10 ans chez nous (48,5% en 2015) et encore plus depuis 2000 (50,4%), l’Hexagone reste sur le podium avec un taux de 47,2%. Ce qui signifie que lorsqu’un employeur dépense 100 euros pour un salarié, ce dernier ne reçoit « que » 52,80 euros. Un salarié britannique, lui, reçoit 67,60 euros, tandis qu’un Américain perçoit 70 euros.

La pression fiscale sur les salaires peut freiner les embauches

Pour de nombreux pays riches, les revenus du travail constituent une base fiscale simple à mobiliser pour augmenter rapidement les recettes publiques. Aujourd’hui, environ la moitié de celles-ci provient déjà de la taxation du travail. Mais cette hausse continue de la fiscalité sur le travail risque de fragiliser le marché de l’emploi. En effet, elle peut décourager les patrons et freiner les embauches, à cause de la réduction du salaire net perçu par les travailleurs et l’augmentation du coût de la main-d’œuvre pour les employeurs. Au bout du compte, il y aura un impact négatif sur la croissance alors que plusieurs pays de l’OCDE font déjà face au ralentissement économique, au vieillissement de leur population et à des dépenses publiques toujours plus importantes.