Moyen-Orient : l’Iran imposera-t-il bientôt un droit de passage dans le détroit d’Ormuz ?
Dimanche, le Pakistan a annoncé un protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Prévu être finalisé ce vendredi, cet accord comprend la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, fermé aux navires commerciaux depuis plusieurs semaines. Mais le monde risque de ne pas retrouver la situation d’avant-guerre, pendant quelques mois au moins. Téhéran envisagerait un droit de passage dans ce canal par lequel transitent 20% de la demande mondiale d’hydrocarbures.
Médiateur en chef dans ce conflit, le Pakistan a annoncé dimanche la signature électronique d’un accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée par les Américains et les Israéliens le 28 février dernier. Prévu être finalisé le vendredi 19 juin à Genève, en Suisse, le texte du mémorandum d’entente décrète une cessation immédiate des opérations militaires sur les différents fronts dans la région, y compris au Liban. Il acte aussi la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transite 20% de la demande mondiale d’hydrocarbures. Ce canal étroit était bloqué de part et d’autre par les forces américaines et iraniennes depuis plusieurs semaines.
Le pétrole ne coulera peut-être pas à flot comme le souhaite Donald Trump
« J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social. Il ajoute : « que le pétrole coule à flots ! ». Mais pas si vite. Les choses pourraient ne pas se passer comme le dirigeant US le souhaite.
En effet, l’Iran a l’intention de réguler la navigation dans le détroit d’Ormuz, après que Washington lui a ouvert les yeux sur l’importance mondiale de ce canal maritime. La République islamique envisagerait d’instaurer un droit de passage pour les réparations de guerre, les coalisés (Etats-Unis et Israël) ayant détruit de nombreuses infrastructures (routes, ponts, centrales électriques, dépôts de carburants, universités, commissariats, etc.).
L’Iran veut se reconstruire avec les frais d’un péage dans le détroit d’Ormuz
Selon l’agence Fars, proche du pouvoir iranien, Téhéran a ajouté au dernier moment des négociations avec les États-Unis une clause prévoyant l’imposition de redevances pour les services maritimes dans le détroit stratégique d’Ormuz. Le média iranien précise que « l’Iran n’accepte les navires que pour une durée de passage gratuit de 60 jours ».
Le ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé cette volonté, en affirmant lundi que l’Iran facturerait des frais de service maritime aux navires transitant par le détroit d’Ormuz. Il précise toutefois que ces frais ne correspondent pas à des « péages » de transit, mais à des recouvrements pour financer « les services de navigation, la protection de l’environnement, l’assurance des navires et d’autres services nécessaires seraient facturés ».
Trump voulait se partager les recettes d’un péage dans le détroit d’Ormuz avec l’Iran
Présent au G7 à Evian, Emmanuel Macron s’est inquiété de ce scénario. Cependant, le chef de l’État français, qui annonce une mission conjointe de sécurisation du détroit d’Ormuz, a jugé que l’Iran « jouait sur les mots », comme du bluff. Il dit souhaiter que l’accord entre les États-Unis et la République islamique « soit une réalité, pour qu’Ormuz puisse rouvrir de manière pacifique et que le trafic puisse reprendre » comme avant.
Le locataire de l’Elysée compte en discuter au G7 avec son homologue américain Donald Trump, qui fait la pluie et le beau temps à ce sommet d’Evian. Le président américain n’a nié, ni confirmé l’existence d’un tel système de paiement dans le cadre de l’accord. On se souvient cependant qu’il avait déjà suggéré à Téhéran de mettre en place un droit de passage commun et de se partager les recettes.




