Défense : Renault s’allie au belge John Cockerill pour développer un drone terrestre

Défense : Renault s’allie au belge John Cockerill pour développer un drone terrestre

Renault poursuit son incursion dans l’industrie de la défense. Il a annoncé, le mardi 3 novembre, un partenariat avec le groupe belge John Cockerill pour développer un drone terrestre à usages militaires et civils. Il s’agit du troisième projet de ce type auquel participe le constructeur automobile français, après deux programmes consacrés à des drones aériens.

Renault s’ancre dans le domaine militaire. Le constructeur automobile français a annoncé, le mardi 3 novembre, un partenariat avec le groupe belge John Cockerill pour développer un drone terrestre à usages militaires et civils. Baptisé Forefront Concept, ce robot terrestre doit permettre d’effectuer différentes missions à distance dans des environnements dangereux. Il pourra notamment transporter du matériel, évacuer des blessés, assurer des opérations de surveillance et participer à des missions de combat sans exposer directement des soldats.

Le drone terrestre de Renault disposera d’un rayon d’action d’environ 400 kilomètres

De la taille d’une petite voiture citadine, le Forefront Concept sera équipé de quatre roues motrices, quatre roues directrices et deux moteurs électriques. Cette configuration l’aidera à franchir des terrains difficiles tout en conservant une bonne maniabilité. Silencieux, le véhicule disposera d’un rayon d’action d’environ 400 kilomètres et pourra transporter jusqu’à une tonne de charge utile. Il pourra également recevoir différents équipements, notamment une tourelle téléopérée dotée d’une capacité de tir ou un système de détection et de lutte contre les drones. Ces caractéristiques lui permettront d’intervenir dans des zones particulièrement exposées, aussi bien pour des opérations logistiques que pour des missions militaires.

Environ 70 % des éléments du véhicule proviendront de pièces déjà éprouvées et produites en série

Pour réduire les coûts de fabrication, les deux partenaires misent sur la réutilisation de technologies et de composants issus de l’industrie automobile. Environ 70 % des éléments du véhicule proviendront de pièces déjà éprouvées et produites en série. Renault se chargera de la fabrication de la plateforme, tandis que John Cockerill apportera son expertise dans les équipements militaires, notamment pour les systèmes de téléopération et les fonctions d’autonomie.

Selon le directeur général du groupe belge, Jean-Luc Maurange, cette approche pourrait permettre de diviser par dix le coût du drone par rapport à un développement militaire entièrement spécifique. Elle doit également faciliter une production en grande quantité, sans nécessiter la mise au point de composants entièrement nouveaux.

Les robots terrestres représentent une réponse aux nouvelles menaces des champs de batailles

Ce projet intervient alors que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient transforment profondément les méthodes de combat. En Ukraine, l’utilisation massive de drones aériens a multiplié les zones de combat surveillées en permanence, appelées « kill zones », où les soldats et les véhicules blindés sont particulièrement vulnérables.

Les robots terrestres représentent une réponse à cette menace : ils peuvent acheminer du matériel, évacuer des blessés ou effectuer certaines missions sans exposer davantage les militaires. Ainsi, le marché ukrainien constitue un débouché potentiel pour Forefront Concept. Le Moyen-Orient présente également des perspectives, notamment pour les opérations de déminage, compte tenu des besoins persistants après les conflits de la région.

Renault concrétise son troisième projet dans le domaine des drones depuis juillet 2024

Avec ce partenariat, Renault concrétise son troisième projet dans le domaine des drones depuis que la Direction générale de l’armement (DGA) l’a sollicité, en juillet 2024, pour mobiliser les industriels civils et produire des équipements à moindre coût et en grande quantité. En janvier dernier, le constructeur s’est associé à Turgis Gaillard pour développer Chorus, un drone aérien destiné aux frappes en profondeur. En juin, il a également annoncé une collaboration avec Thales pour industrialiser Toutatis, une munition téléopérée de courte portée. Ces initiatives témoignent de l’intérêt croissant du constructeur pour l’industrie militaire, qui cherche à s’appuyer sur les capacités de production et le savoir-faire des entreprises automobiles.

Renault prévoit d’autres projets dans la défense dans les prochaines années

Cette diversification devrait se poursuivre dans les prochaines années. Renault prévoit de produire Chorus sur l’un de ses sites au Mans, avec une capacité de plusieurs centaines d’appareils par mois. De son côté, le partenariat avec Thales vise à atteindre une production de 1 000 exemplaires de Toutatis par mois dès 2027.

D’autres équipementiers automobiles français et européens s’engagent également sur ce marché. C’est le cas de Valeo, qui doit fabriquer, à partir de 2027, des moteurs électriques pour les drones de la start-up Harmattan AI, tandis que Forvia prévoit d’assembler des drones intercepteurs en France et en Allemagne. Autant de projets qui illustrent le rapprochement croissant entre l’industrie automobile et le secteur de la défense.