Propos de Kylian Mbappé sur Mao Zedong : les marques chinoises maintiennent leur boycott
Kylian Mbappé l’aura appris à ses dépens, que Mao Zedong est un véritable fétiche en Chine. Une semaine après s’être excusé de ses propos sur le dirigeant communiste, le footballeur n’a toujours pas obtenu le pardon de l’Empire du milieu. Les marques chinoises, qui ont rompu leurs partenariats avec le footballeur français, ne sont pas encore revenues sur leur décision. Plus inquiétant, plusieurs multinationales ont retiré ses publicités de leurs plateformes chinoises sans clarifier l’avenir de leurs collaborations.
Mao Zedong, un totem en Chine ! Alors que Kylian Mbappé a présenté ses excuses après ses propos sur l’ancien dirigeant communiste, les Chinois ne lui ont toujours pas pardonné ce mercredi 4 novembre. Pour preuve, les marques chinoises ne sont pas encore revenues sur la rupture de leurs partenariats avec le footballeur français. Pis, plusieurs multinationales présentes dans le pays ont retiré ses publicités, sans doute pour ne pas se mettre à dos leurs clients dans l’Empire du milieu.
Une ancienne vidéo de Kylian Mbappé à l’origine de la polémique
Le boycott de Kylian Mbappé en Chine est né d’un extrait du podcast The Bridge, diffusé le 26 octobre, juste après l’attribution du Ballon d’or. Interrogé sur le mème qui l’avait le plus fait rire, l’attaquant français avait évoqué une image superposant son visage à celui d’un « dictateur chinois », référence à Mao Zedong, qui a dirigé la République populaire de Chine du 1er octobre 1949 jusqu’à sa mort le 9 septembre 1976.
La vidéo, tournée plusieurs mois auparavant, a déclenché une vague d’indignation. Dongqiudi, un important site chinois spécialisé dans le football, avait fustigé des mots « offensants pour la Chine », qui « ont blessé les sentiments des supporters de football chinois et du peuple chinois ».
Kylian Mbappé a signé des contrats de plusieurs millions d’euros en Chine
Dans la tourmente, Kylian Mbappé a reconnu des propos maladroits et présenté ses excuses en français, anglais et mandarin. À sa suite, le Real Madrid et la Liga ont présenté les leurs. Mais rien n’y fit. Les premières conséquences financières sont tombées. Dongpeng, via sa marque de boissons Bushuila, et le groupe laitier Mengniu ont rompu leurs accords avec le joueur.
Plusieurs produits avec son image ont été retirés des supermarchés chinois. Selon des estimations rapportées par Le Monde, ces contrats représentaient environ 50 millions de yuans, soit 6,7 millions d’euros. D’autres marques, dont On, Dior, Hublot et Rimowa, ont supprimés des contenus promotionnels de leurs comptes chinois, sans toutefois annoncer de rupture contractuelle.
Kylian Mbappé et le Real de Madrid pourraient perdre beaucoup
Pour Kylian Mbappé, le risque financier est important. Forbes estime ses revenus 2026 à 100 millions de dollars, dont 30 millions issus des sponsors et activités commerciales. Son contrat de dix ans avec On, signé en septembre, comprend une rémunération et des actions, mais son montant reste secret. La marque préparait d’ailleurs avec lui ses chaussures de football pour 2027.
Le Real Madrid est également exposé. En effet, la Chine est son premier marché étranger, avec 97 millions de supporters. Selon Marca, le club y réalise entre 10 et 15 % de ses ventes de maillots et produits dérivés. Il compte des partenaires de poids, comme Hisense et Linglong Tire. Une détérioration de l’image de son attaquant pourrait affecter ses ventes et ses relations commerciales.
La Chine, un important marché pour la Liga
Quant à la Liga, ses droits audiovisuels internationaux ont atteint 748 millions d’euros en 2024-2025. La Chine et les États-Unis représenteraient ensemble la majorité de ces revenus. Un accord avec la plateforme de streaming Migu prévoit la diffusion des 380 matches par saison jusqu’en 2030. L’absence de diffusion des rencontres de la Liga ainsi que des matchs de clubs espagnols en compétitions européennes, notamment sur une chaîne comme CCTV, serait très préjudiciable financièrement. On comprend donc l’offensive des autorités de football espagnols pour rétablir la confiance auprès des partenariats chinois.
Le président de la Liga, Javier Tebas, poursuit ses discussions avec les partenaires chinois
Mais le soutien de personnalités politiques françaises comme Marine Tondélier n’arrange pas la situation. La secrétaire générale des Écologistes a affirmé que le joueur a « entièrement raison de qualifier Mao Zedong de dictateur ». Quant à Philippe Diallo, président de la Fédération française de football (FFF), il juge que la polémique venue de Chine était « certainement un peu trop forte » et disproportionnée, tout en précisant que Mbappé n’avait aucune intention de vexer le peuple chinois.
En Espagne, en revanche, on fait plutôt profil bas. Le président de la Liga, Javier Tebas, poursuit ses discussions cette semaine avec les autorités chinoises pour obtenir le rétablissement de la diffusion des rencontres. Il faudra peut-être faire preuve de patience face à des Chinois très susceptibles quand il s’agit de politique.




