Un ami de Ségolène Royal bientôt patron de la RATP ?

métro_ParisPour beaucoup, la réussite professionnelle est le résultat d’un savant mélange de talent et de qualités de travail. Pour d’autres, il s’agit d’avoir les bonnes connexions aux bons endroits. François Rol-Tanguy, conseiller de Ségolène Royal, fait apparemment parti de ceux qui privilégient la seconde option. La ministre de l’Écologie serait actuellement en train de faire le forcing pour recaser son équipier à la tête de la RATP et remplacer Pierre Mongin. Trainant un passé peu glorieux couronné par une condamnation en 2012 pour travail dissimulé, François Rol-Tanguy dérange et le soutien de l’ex-femme de François Hollande fait tâche dans un gouvernement qui se fait de plus en plus remarqué par des cooptations douteuses.

Ségolène Royal, une amie qui vous veut du bien 

D’après des informations révélées par le site Atlantico, Ségolène Royal jouerait de son influence pour se débarrasser de son conseiller François Rol-Tanguy. Bénéficiant d’une mauvaise réputation chez les écologistes, Rol-Tanguy serait devenu un poids pour la ministre qui cherche à tout prix à éviter un nouveau scandale à la Elizabeth Borne. Et peu importe si ça doit lui coûter quelques coups de fil pour transformer cette mise à la porte en promotion méritée.

Et pour ce qui est du mérite, il faut bien avouer que François Rol-Tanguy se distingue particulièrement. On lui reconnaît en effet une grande capacité à savoir retomber sur ses pattes. Tantôt patron du fret SNCF laissant derrière lui un bilan catastrophique et des milliers de suppression d’emplois, tantôt directeur de l’Atelier parisien d’urbanisme condamné en 2012 à 42 000 euros d’amende pour travail dissimulé, François Rol-Tanguy accumule les médailles d’honneur et reçoit aujourd’hui les félicitations du jury socialiste pour l’ensemble de sa chaotique carrière.

Liberté, pistonné, fraternité

Si ce remplacement est avéré, il viendra s’ajouter à la liste des faveurs professionnelles qui ont tendance à se multiplier au sein du gouvernement socialiste. Que ce soit lorsqu’il tente de placer Julie Gayet dans le jury de la Villa Médicis ou quand il promeut Pierre-René Lemas, son ex-secrétaire général à l’Élysée directeur général de la Caisse des dépôts et consignation, François Hollande brille par son sens de « l’amitié ». On évoquera rapidement la nomination de Jack Lang à la tête de l’Institut du monde arabe ou encore Harlem Désir confortablement installé au Secrétariat d’Etat chargé des Affaires européennes, exemple qui confirme une tendance socialiste à favoriser leurs plus mauvais élèves.

Ségolène Royal a elle aussi été vivement critiquée au moment de son arrivée à la BPIFrance, où elle était co-présidente avant de se voir confier le ministère de l’Écologie. Jamais la dernière lorsqu’il s’agit de profiter d’un coup de pouce, elle tire aujourd’hui des ficelles qui pourraient bien lui revenir en plein visage.

Y a-t-il un pilote pour saboter la RATP ? 

A regarder le parcours professionnel de François Rol-Tanguy, on pourrait fortement craindre pour le devenir de la RATP alors que celle-ci collectionne les bons résultats. Dirigée depuis 2006 par Pierre Mongin, cette entreprise est devenue une véritable réussite nationale. Avec des investissements à la hausse depuis cinq ans (7,4 milliards d’euros de 2009 à 2013), une qualité de service qui s’est considérablement améliorée, la RATP a pour objectif de devenir une des cinq plus grandes entreprises mondiales de transport. Elle fait également partie du cercle des plus importants pourvoyeurs d’emplois en France avec en 2013, 2000 postes à pourvoir.

Avec un bénéfice qui affichait l’année dernière une augmentation de 27,5 % et un chiffre d’affaires présentant également une hausse de 4, 1 %, la situation économique de la RATP est au beau fixe. Rien sur le papier ne justifie donc un départ de Pierre Mongin, principal artisan de ce succès. Tout laisse à penser que le catapultage de François Rol-Tanguy aux manettes de la RATP pourrait dévier l’entreprise de sa trajectoire et l’amener droit dans le mur. Les souvenirs de son passage à la direction du fret SNCF et ses multiples redressements ratés sont encore douloureux. Ses années en charge de l’APUR sont gênantes. Bref, le cas François Rol-Tanguy inquiète et ce qu’il pourrait faire de notre chère RATP ne présage rien de bon tant son incompétence parle d’elle-même.

Pour l’heure, Pierre Mongin devrait être reçu le jeudi 26 juin par Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Elysée. Programme du jour : félicitations pour le travail correctement exécuté, avenir de la RATP et remplacement bien mérité. Après tout, c’est simplement une autre façon de faire de la politique.

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