KNDS : Paris et Berlin s’accordent sur une gouvernance paritaire

KNDS : Paris et Berlin s’accordent sur une gouvernance paritaire

Après l’abandon du Scaf, Paris et Berlin annoncent la conclusion d’un accord sur la stratégie et la gouvernance de KNDS, groupe franco-allemand spécialisé dans la fabrication de chars. Elles deviendront co-actionnaires paritaires (40% de part chacune), ouvrant la voie à une introduction en bourse. Cette cotation renforcera la compétitivité de l’entreprise dans l’industrie européenne des systèmes terrestres.

Si le programme Scaf a capoté, à cause des rivalités industrielles, la France et l’Allemagne renforcent leur union sur un autre projet. Elles ont annoncé lundi un accord sur la stratégie et la gouvernance de KNDS, en vue de devenir co-actionnaires paritaires. « Avec l’Allemagne, nous posons aujourd’hui un acte majeur de souveraineté pour notre défense. En renforçant ensemble KNDS, nous donnons à nos armées les moyens de se défendre, de produire et d’innover par elles-mêmes », a commenté sur X le président français Emmanuel Macron.

Paris baisse sa participation pour faire remonter celle de Berlin à parts égales

La France détient actuellement 50 % du capital de KNDS, tandis que l’Allemagne en possède 30 %. Grâce à l’accord signé lundi, Paris va ramener son actionnariat à 40 % et Berlin va monter à 40%. Les 20 % restants du capital seront mis sur le marché. Cette évolution de la gouvernance vise à équilibrer le contrôle stratégique des deux Etats sur un groupe jugé essentiel pour les capacités militaires de l’Europe. Elle ouvre la voie à une introduction en bourse de l’entreprise, dont le siège est à Amsterdam, aux Pays-Bas. Prévue à Paris et Francfort, la cotation devrait valoriser la société entre 15 et 18 milliards d’euros, selon Bloomberg.

KNDS fournit aux armées européennes des chars de combat et des véhicules blindés de transport de troupes

Né en 2015 de la fusion entre le français Nexter Systems, alors détenu par l’Etat, et l’allemand KMW (Krauss-Maffei Wegmann), propriété de la famille Wegmann-Bode, KNDS s’est imposé comme un acteur clé de l’industrie de la défense terrestre face à la concurrence américaine, principalement celle de General Dynamics. Le groupe fournit aux armées européennes des chars de combat, des véhicules blindés de transport de troupes, des canons Caesar, très prisés en Ukraine, des ponts portables ou encore des véhicules robotisés.

KNDS au cœur de la structuration d’une nouvelle industrie européenne de défense terrestre

KNDS joue aussi un rôle clé dans le programme MGCS (Main Ground Combat System). Lancé en 2012, ce projet d’armement franco-allemand doit développer un char de combat qui remplacerait le Leopard 2 dans l’armée allemande et le Leclerc dans l’armée française vers 2045. Aux côtés de Rheinmetall et Thales, il est au cœur de la structuration d’une nouvelle industrie européenne de défense terrestre.

En 2025, le fabricant a réalisé un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros et employait plus de 11 000 personnes. Selon Paris et Berlin, le nouvel accord doit permettre à l’industriel de « développer des synergies techniques et commerciales sur les produits actuels et futurs, lorsque cela est pertinent », dans un contexte de montée des tensions avec la Russie notamment.

Des dissensions ont retardé la signature de l’accord

L’accord entre Paris et Berlin avait auparavant buté sur les divergences entre l’Etat allemand et Wegmann & Co., la holding regroupant les propriétaires familiaux de KNDS, à propos du prix d’entrée en bourse, dont le calendrier n’est pas encore connu. Il a également été retardé par des dissensions internes au sein du gouvernement concernant la taille de la participation, certains plaidant pour un investissement plus modeste, à hauteur de 30%. Malgré la signature, l’accord reste soumis à l’approbation du Parlement allemand. La commission budgétaire du Bundestag doit se prononcer ce mercredi sur la question.