Japon : Sanae Takaichi reste au dos du mur
La Première ministre du Japon Sanae Takaichi défend avec conviction sa politique économique, alors que sa popularité est au plus bas depuis sa prise de fonction en octobre 2025. Le yen a perdu de sa valeur, les prix flambent et la croissance économique patine. Mais la dirigeante nipponne affirme que les efforts déployés par son gouvernement stimuleront la croissance et renforceront la confiance des marchés dans la devise nationale.
Sanae Takaichi reste optimiste malgré les vents contraires. La Première ministre japonaise a déclaré récemment devant le Parlement que les efforts déployés par son gouvernement finiront par payer. Elle s’attend à ce qu’ils stimulent la croissance à très court terme et renforcent la confiance des marchés dans le yen, que Donald Trump a promis de soutenir. La dirigeante nippone a également précisé que la Banque du Japon (BoJ) est tenue par la loi de collaborer étroitement avec l’exécutif pour atteindre ces objectifs, bien que l’institution soit seule compétente en matière de politique monétaire.
Sanae Takaichi demande plus de la part de la Banque du Japon
Sanae Takaichi rappelle que « les taux directeurs évoluent en fonction de divers facteurs et sont déterminés par les marchés » et qu’« il est difficile d’évaluer l’impact direct d’un facteur spécifique ». Elle affirme également que « la mise en place d’une économie forte, grâce à la stimulation de son potentiel de croissance et au renforcement de la compétitivité du Japon, conduirait à la confiance des marchés dans le yen ».
La Première ministre japonaise répondait à une question d’un député de l’opposition qui lui demandait si la récente dépréciation de la devise nationale, à son plus bas niveau depuis 40 ans, pouvait s’expliquer par les réticences de son équipe gouvernementale face aux intentions de la BoJ de relever les taux d’intérêt.
Un taux directeur maintenu inchangé à 1% en juillet
La banque centrale japonaise a relevé son taux directeur à 1 % en juin 2026, avant de le maintenir inchangé à ce niveau lors de sa réunion du 31 juillet 2026. Mais elle reste ouverte à une nouvelle hausse face aux pressions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient et à la faiblesse du yen. Cette inflation a déjà accéléré sensiblement en mars à 1,8% sur un an (hors produits frais).
En raison de l’impact de la guerre au Moyen-Orient, la BoJ a fortement relevé fin avril ses prévisions d’inflation, à 2,8% pour l’exercice fiscal en cours. Dans ce contexte, elle pourrait être incitée à une nouvelle hausse en août, mais attendra probablement que l’incertitude liée à la guerre en Iran se dissipe et qu’un signal politique provienne de Sanae Takaichi, très favorable aux mesures de relance économique.
Le Japon planche sur un budget supplémentaire
Au premier trimestre 2026, l’économie nippone a résisté avec une croissance de 0,5%, par rapport au trimestre précédent. Mais la confrontation américano-iranienne assombrit l’horizon du pays, qui reste largement dépendant des hydrocarbures du Golfe et soumis à une aggravation des tensions inflationnistes.
Pour freiner la hausse des prix du pétrole, Tokyo a recourt à des subventions publiques, sans parvenir à contenir la flambée des prix de l’énergie. Le Japon est également confronté à une envolée de ses rendements obligataires. Face à ces facteurs, le gouvernement réfléchit à un budget supplémentaire, après le plan de relance substantiel de 117 milliards d’euros adopté fin 2025. Il veut atteindre au plus vite une croissance réelle de 1 % et une croissance nominale supérieure à 3 %.
Sanae Takaichi ne dort plus beaucoup à cause de la situation de son pays
Si Sanae Takaichi se démène pour maintenir la cinquième économie mondiale à flot, sa cote de popularité a chuté en juillet à 57%, son plus bas niveau depuis son entrée en fonction en octobre 2025. Les tensions sur les approvisionnements en pétrole et d’autres matières premières ainsi que la hausse des prix ont eu raison de la protégée de Shinzo Abe.
Et ce n’est pas sa déclaration sur le fait de dormir peu (elle dormirait entre 0 à 3 heures par jour) qui attendrirait ses compatriotes. Si certains ont salué son dévouement pour la patrie, la plupart de ses compatriotes pensent que cela n’a rien à voir avec la situation du pays. Ils sont insatisfaits de la réponse du gouvernement face à la hausse du coût de la vie et veulent des mesures plus impactantes.




