Brexit, Frexit, Dexit..les Européens voient l’UE d’un meilleur œil qu’il y a dix ans
Dix ans après le vote du Royaume-Uni en faveur de la sortie de l’Union européenne (Brexit), qui a provoqué une onde de choc sur tout le continent, les Européens semblent plus favorables à l’UE aujourd’hui. C’est en tout cas ce qu’indique un sondage réalisé entre février et avril 2026 par Pew Research Center. Dans huit des onze pays étudiés, la médiane des opinions favorables à l’égard de l’UE est passée de 49% en 2016 % à 62 % en 2026.
Le temps fait décidément son effet. Dix ans après le référendum du Royaume-Uni en faveur d’une sortie de l’Union européenne, processus connu sous l’appellation « Brexit » (contraction de « Britain » et « Exit ») les Européens semblent plus favorables à l’UE aujourd’hui. D’après un sondage du Pew Research Center, réalisé auprès de 13 575 personnes dans 11 pays (France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Suède, Royaume-Uni et États-Unis), entre le 9 février et le 23 avril 2026, 60 % des personnes interrogées en moyenne ont exprimé une opinion positive du bloc.
Les plus grandes économies reculent après le Brexit
Dans huit des onze pays suivis, le taux médian d’opinions favorables à l’égard de l’UE est passé de 49 % à 62 %. Cette tendance à la hausse est manifeste dans les plus grandes économies. Notamment en Allemagne, où le taux d’opinions favorables est passé de 50 % en 2016 à 68 % en 2026. En France, il est passé de 38 % à 52 %, et aux Pays-Bas de 51 % à 63 %. Même au Royaume-Uni, qui a quitté officiellement l’Union européenne en 2020, l’opinion favorable à l’égard de l’UE est passée de 45 % au moment du référendum à 67 % actuellement. Des regrets chez nos amis d’Outre-manche ?
Le Brexit a inspiré le Frexit et d’autres mouvements de ce genre
Ces données témoignent d’un changement par rapport au climat politique qui prévalait lors du vote sur le Brexit. À cette époque, les appels à organiser des référendums de sortie se multipliaient en Europe, avec des noms plaqués sur le modèle britannique. En France, Marine Le Pen appelait au Frexit, tandis qu’aux Pays-Bas Geert Wilders réclamait le Nexit. D’autres pays ont suivi, comme la Grèce, où la crise de la dette de la zone euro et les négociations sur le plan de sauvetage ont affaibli la confiance dans les institutions européennes. Il y a eu aussi l’Italie et son Mouvement Cinq Étoiles, qui réclamaient un référendum sur l’appartenance du pays à la zone euro.
Les opinions favorables à l’UE dès 2017
Preuve d’un changement brusque, Pew Research Center note que le soutien à l’UE a bondi dans l’année qui a suivi directement le référendum sur le Brexit, la médiane des opinions favorables dans les pays sondés passant de 49 % en 2016 à 60 % en 2017. La tendance s’est maintenue dans les années suivantes. Les opinions favorables ont progressé après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, atteignant des niveaux record dans de nombreux pays étudiés. L’institut soupçonne également les désillusions des Britanniques d’avoir tempéré les ardeurs des anti Bruxelles.
L’expérience du Brexit fait réfléchir en Europe
Devenus plus prudents après l’expérience mitigée du Royaume-Uni, de nombreux partis eurosceptiques ont également fait évoluer leurs discours, passant de la revendication d’un retrait complet de l’Union européenne à l’idée de la réformer de l’intérieur. En France, le Rassemblement national (RN) a délaissé les appels explicites à quitter l’UE pour se concentrer sur le rétablissement des contrôles aux frontières et la primauté du droit français sur le droit européen. Aux Pays-Bas, Wilders se contente désormais d’attaquer l’immigration et l’asile accordé aux réfugiés. Seule l’AfD continue d’inscrire des scénarios de sortie à son programme.
Sûrement des regrets au Royaume-Uni, mais pas de recul des partis eurosceptiques en Europe
Pew Research Center note toutefois que cette progression de l’image de l’UE ne signifie pas que les partis eurosceptiques ont disparu. Bien au contraire. Dans de nombreux pays, ces formations politiques ont accru leur part de voix et, dans certains cas, de manière significative. Ainsi, l’AfD en Allemagne a vu sa part de voix aux élections fédérales passer de 12,6 % en 2017 à 20,8 % en 2025.
En France, le RN et ses alliés ont recueilli environ 33 % des suffrages au premier tour des législatives de 2024, manquant de renverser le gouvernement Attal, n’eût été le secours de la gauche à la majorité présidentielle. Aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders est devenu la première force politique lors des élections législatives de 2023.




