Etats-Unis : Donald Trump va donner un gros coup de pouce au charbon

Etats-Unis : Donald Trump va donner un gros coup de pouce au charbon

Il a un béguin pour les énergies fossiles. Après le gaz et le pétrole, Donald Trump annonce 700 millions de dollars pour le charbon aux Etats-Unis. Cet investissement contribuera à la modernisation des 14 centrales et 42 mines existantes et à la construction de deux nouvelles centrales en Virginie occidentale et en Alaska. Si le président américain justifie son coup de pouce par l’augmentation de 50 % du prix de pétrole causée par la fermeture du détroit d’Ormuz, ses opposants critiquent un financement à contre-sens de la transition énergétique.

Après « fore bébé », « pioche bébé » ! Jeudi 4 juin, Donald Trump a annoncé un investissement de 700 millions de dollars dans l’industrie du charbon aux Etats-Unis. Ce nouveau fonds doit permettre de moderniser les 14 centrales et 42 mines existantes du pays et de construire deux nouvelles centrales en Virginie occidentale et en Alaska. Il financera aussi la mise en service d’un nouveau terminal d’exportation de charbon à Oakland (Californie) et le redémarrage d’une installation existante dans le Maryland.

« C’est la colonne vertébrale de l’énergie américaine fiable, abordable et sûre »

Comme à son habitude, Donald Trump a encore abusé des qualificatifs pour parler du charbon. Il a notamment évoqué un combustible « magnifique » et « propre », qui serait essentiel aux Etats-Unis. Le ministre chargé de la gestion des terres fédérales, Doug Burgum, abonde dans son sens. Il assure que « c’est la colonne vertébrale de l’énergie américaine fiable, abordable et sûre ».

Le président américain aurait décidé d’investir dans le charbon pour contrer la hausse de 50 % du prix du pétrole causée par la fermeture du détroit d’Ormuz, où transitent 20 % de l’offre mondiale d’hydrocarbures. Mais on ne peut pas le louer pour cela car c’est lui-même qui a créé ce problème, en attaquant l’Iran et en imposant en premier un blocus maritime.

Donald Trump ouvertement climatosceptique

Outre la situation au Proche-Orient, l’investissement s’inscrit dans le cadre de la politique pro énergies fossiles de Donald Trump. Ouvertement climatosceptique, le président américain privilégie les combustibles polluants (charbon, pétrole, gaz de schiste, etc.) au détriment des énergies renouvelables (éolien, solaire…).

Les ONG environnementales et les démocrates critiquent vivement cette position ainsi que le nouvel investissement annoncé par le locataire de la Maison Blanche. « Consacrer 700 millions de dollars à une source d’énergie sale et inefficace favorise les pollueurs au détriment des Américains, alors que l’on traverse une crise énergétique provoquée par Trump », juge ainsi la Coalition parlementaire SEEC, un groupe d’élus démocrates favorables aux énergies renouvelables.

Le charbon, la source d’énergie fossile la plus néfaste pour le climat

Grâce à plusieurs études, on sait aujourd’hui que le charbon est la source d’énergie fossile la plus néfaste pour le climat. Aux Etats-Unis, il représentait encore 55 % des émissions de CO2 du secteur de la production d’électricité en 2025, alors qu’il ne fournissait plus que 20 % de l’électricité produite. La pollution atmosphérique causée par les centrales à charbon n’est pas sans conséquence. Elle a causé 460 000 décès prématurés entre 1999 et 2020. Avec le plan de Donald Trump, on peut craindre une hausse de ce chiffre.

D’autres pays reculent sur le charbon

Si les Etats-Unis sont un exemple de renoncement aux objectifs climatiques, ils ne sont pas les seuls à rétropédaler, en particulier au niveau du charbon. Plusieurs pays empruntent la même voie, dont l’Italie et l’Allemagne qui ont prévu de relancer la production de la houille. Berlin et Rome expliquent devoir faire face à la crise énergétique mondiale actuelle liée aux conflits dans le détroit d’Ormuz.

Seules la Belgique et la France résistent au mouvement en arrière. L’Hexagone compte sortir du charbon d’ici 2030 pour ce qui concerne la production électrique. Quant à l’utilisation de ce combustible dans l’industrie (chimie, métallurgie, etc.), elle ne devrait pas baisser si tôt. Or, elle représente environ 28 % des émissions de gaz à effet de serre du pays.