BTP : le secteur employait 2 millions de personnes en 2025
Le secteur du BTP représentait près de 2 millions d’emplois en France en 2025, selon une étude de l’Urssaf. Derrière ce poids important dans l’économie se dessine toutefois un secteur confronté à des rémunérations contrastées, à une forte concentration de petites entreprises et à des difficultés financières croissantes.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) reste un acteur majeur du marché du travail en France. D’après la nouvelle publication de l’Urssaf consacrée à ce domaine d’activités, près de 2 millions de personnes y exercent en 2025. Dans le détail, l’organisme a dénombré 1,6 million de salariés (soit 7,9 % des effectifs des salariés du privé en France) et 419 000 travailleurs indépendants, dont 208 000 auto-entrepreneurs.
Le second œuvre concentre la majorité des travailleurs du BTP
Parmi les sous-secteurs, le second œuvre concentre la majorité des travailleurs, avec 939 000 salariés et 322 000 indépendants. Les principaux métiers de cette branche sont l’électricité, la plomberie, le chauffage, la menuiserie, la peinture ou encore les revêtements. Le gros œuvre compte, pour sa part, 351 000 salariés et 74 000 indépendants. Il regroupe des métiers comme grutier, terrassier, charpentier et ferrailleur. Les travaux publics, eux, regroupent 286 000 salariés et 21 000 indépendants.
Un milieu encore très masculin
L’Urssaf note également que le BTP se distingue par son important tissu de petites entreprises. Neuf entreprises sur dix employaient moins de dix salariés en 2025. Autre spécificité de ce secteur, il demeure très masculin : les hommes représentent 86 % des effectifs, contre 55 % dans l’ensemble du privé. Cette configuration s’explique par le sexisme persistant sur les chantiers, les stéréotypes culturels, mais aussi par les exigences physiques perçues. Celles-ci font d’ailleurs que la population salariée reste relativement jeune, avec près d’un quart des travailleurs ayant moins de 30 ans.
Des écarts très marqués au niveau de la rémunération
En termes de rémunération, les écarts sont particulièrement marqués dans le BTP par rapport à d’autres secteurs d’activités. Le salaire mensuel brut moyen y atteint 2 530 euros, contre 3 060 euros pour l’ensemble du privé. Cette moyenne masque par ailleurs d’importantes disparités selon les métiers. En effet, un ouvrier non qualifié perçoit en moyenne 1 700 euros brut par mois, contre 2 100 euros pour un maçon, 4 500 euros pour un ingénieur et 5 400 euros pour un cadre et commercial d’entreprise.
Le CDI reste largement dominant dans le BTP
Chez les indépendants, le revenu annuel moyen atteint 33 750 euros pour les travailleurs classiques, contre 46 700 euros dans l’ensemble du secteur privé. Les auto-entrepreneurs du BTP affichent toutefois un revenu moyen supérieur à la moyenne nationale. Il est de 10 310 euros, contre 7 710 euros. Côté emploi, le CDI (contrat à durée indéterminée) reste largement dominant dans le BTP comparé à d’autres secteurs. Il compte 1,35 million de salariés, contre seulement 5 % pour le CDD (contrat à durée déterminée), en dessous de la moyenne nationale de 8 %. L’alternance, en revanche, occupe une place relativement importante, avec 115 000 alternants, soit 7 % des effectifs contre 5 % dans l’ensemble du privé. Enfin, l’Urssaf recense 730 000 déclarations d’embauche dans le BTP en 2025.
Près de 25% des défaillances d’entreprises employeuses enregistrées dans le BTP
Mais derrière ces chiffres moyennement satisfaisants se cache une situation économique difficile. En 2025, les impayés de cotisations sociales atteignaient 4,20 % chez les entreprises employeuses du BTP, contre seulement 0,91 % dans le secteur privé. Chez les indépendants, ce taux s’élevait à 8,83 %, contre 5,44 % pour l’ensemble des indépendants.
Le secteur concentre également 24 % des défaillances d’entreprises employeuses et 28 % de celles des indépendants, soit respectivement 15 100 et 4 300 défaillances. L’Urssaf note en outre que le BTP a fortement recours aux aides sociales délivrées par le Conseil de la Protection sociale des Travailleurs Indépendants (CPSTI). En 2025, 2 600 demandes d’actions sociales ont été accordées pour 9 millions d’euros. Ce qui représente 17 % en nombre et 22 % des montants.




